Berlinale 2019

14 février 2019 07:09; Act: 15.02.2019 16:13 Print

Les films de Berlin: notre baromètre (2/3)

par Marine Guillain, Berlin - Voici un petit aperçu des longs métrages que nous avons vus en milieu de festival. En commençant par notre préféré.

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«La Paranza dei Bambini», de Claudio Giovannesi, relate l'histoire d'une «Baby Mafia» napolitaine. (Photo: dr)

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«La Paranza dei Bambini»
Adapté du livre de Roberto Saviano (auteur de «Gomorra»), qui a co-scénarisé le film, «La Paranza dei Bambini» («Le gang des enfants») suit un groupe de gosses des quartiers défavorisés de Naples, qui tombent dans la criminalité. Un récit immersif et prenant de bout en bout, sans hésiter notre coup de coeur. Le plus fort, dans ce drame réalisé par Claudio Giovannesi, c'est qu'en plus de ne jamais tomber dans la caricature, ces gamins restent humains et attachants quoiqu'ils fassent... L'acteur principal (repéré dans la rue comme tous les autres), Francesco Di Napoli, est simplement fascinant.

«Une colonie»
Ce long métrage venu du Canada commence à la fin de l'été, juste avant que Mylia (Emilie Bierre) n'entre dans sa nouvelle école. A la maison, elle sent ses parents s'éloigner l'un de l'autre, alors que sa petite soeur Camille (Irlande Côté) tantôt la fait rire, tantôt l'agace (comme quand elle lui jette des céréales à la figure). La réalisatrice Geneviève Dulude-De Celles livre un très joli récit sur la transition de l'enfance à l'adolescence. Doux et pudique, il ne tombe jamais dans les clichés vus mille fois. Emilie Bierre occupe l'écran presque en permanence de son charme naturel, tandis que la petite Irlande Côté est sensationnelle.

«The Boy Who Harnessed the Wind»
Le film de Chiwetel Ejiofor (célèbre pour son rôle dans «Twelve Years a Slave»), une production Netflix, est adapté du roman autobiographique «Le garçon qui dompta le vent» de William Kamkwamba. Nous sommes au Malawi en 2001. William (Maxwell Simba, épatant) est tout fier d'avoir reçu son uniforme et d'enfin entrer à l'école. Mais ses parents (Chiwetel Ejiofor et Aissa Maiga) n'ont pas l'argent pour payer les frais et le petit se fait exclure. Arrivent les inondations, puis la sécheresse, puis la famine... A l'aide de quelques livres poussiéreux, William se lance dans le projet de construire une éolienne pour apporter l'électricité et l'eau dans son village. Impossible de ne pas être touché par l'histoire de ce gosse, remplie d'espoir. C'est aussi un bel hommage au courage et à la ténacité de tous ceux pour qui rien n'est acquis, et qui se battent pour manger ou pour étudier.

«L'adieu à la nuit»
Le film d'André Téchiné s'ouvre sur des cerisiers en fleurs. Et sur Muriel (Catherine Deneuve), qui vit à la campagne et s'occupe de chevaux. Impatiente, elle attend l'arrivée de son petit fils Alex (Kacey Mottet Klein), qui doit venir la voir avant de partir pour le Canada. Mais la réalité de l'ado n'est pas la même que celle de sa grand-mère... «Tu feras quoi si je meurs?», demande Alex à sa copine Lila (Oulaya Amamra). «Je serai fière de toi», répond-t-elle. Tout est dit. Personne ne peut rien faire face à l'obstination insensée des ces aspirants djihadistes. Notre seul regret concernant ce drame en pleine actualité: on n'y croit pas complètement.

Répertoire des villes disparues
Les 250 habitants de Saint-Irénée-les-Neiges, petit bled morose et isolé du Canada, se retrouvent bouleversés après la mort d'un villageois de 21 ans. Peut-être un accident, plus probablement un suicide. Gestion du deuil, allergie au changement, peur de l'étranger, film de zombies... Il y a de tout ça dans l'étrange métrage de Denis Côté, en lice pour l'Ours d'or.