«La vraie vie est ailleurs»

17 janvier 2007 00:35; Act: 17.01.2007 10:21 Print

Les jeunes amours perdues des uns et des autres

MELODRAME – Trois histoires sentimentales sont filmées en parallèle dans trois trains: au nord, au sud et à l’ouest de l’Europe.

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Frédéric Choffat a été une des bonnes surprises helvétiques du Festival de Locarno 2006. Il a prouvé en nonante minutes seulement – la durée de son premier long métrage de fiction «La vraie vie est ailleurs» – le don qui habite son œil. Le réalisateur vaudois sait raconter une histoire qui vibre d’émotions.

En fait, il y n’a pas une, mais trois histoires dans le film. Trois histoires vécues par trois couples dans trois trains différents qui partent pour des destinations européennes éloignées. A Marseille, à Naples et à Berlin. Chaque rencontre, inattendue, est filmée presque en temps réel. Frédéric Choffat embarque sa caméra dans les wagons et filme à l’arrache. En bandoulière, il prend une équipe technique hyperréduite et deux acteurs, un homme et une femme.

Il y a un peu de Claude Lelouch chez Frédéric Choffat. Tout comme chez le patriarche français, le réalisateur suisse trentenaire tente de capter ces moments de folie romantico-charnels qui bourgeonnent à l’adolescence. Et sur lesquels certains, durant toute leur vie, portent un regard nostalgique. Et si c’était elle? Et si c’était lui? Les questions des héros au cœur gros comme ça s’entrechoquent dans les gares. Ils ont une poignée d’heures, le temps d’un trajet, pour mieux se connaître et y répondre. Mais comment faire le bon choix?

La fougue des histoires croisées repose sur les épaules de trois duos d’acteurs. Les six personnages en quête de sentiments ont de l’énergie à revendre. Leur audace et leur punch sont canalisés par le réalisateur. Dans le lot, et sans effacer le mérite des cinq autres, l’acteur Vincent Bonillo s’en sort bien. Comme à son habitude, il a l’œil revolver, légèrement plissé et prêt à dégainer.

Dominique Botti