«Carnage»

06 décembre 2011 17:15; Act: 06.12.2011 17:16 Print

Massacre entre quatre murs

par Fred Ferrari - Est-ce son assignation à résidence l’an dernier à Gstaad qui a inspiré Roman Polanski? Toujours est-il que son «Carnage» est un délice.

Comment des adultes civilisés peuvent-ils en arriver aux mains. Démonstration orchestrée par Roman Polanski.
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Nancy et Alan sont des gens civilisés: ils ont accepté de rencontrer Penelope et Michael, dont le fils a été agressé par le leur. Et puis ils sont polis: ils vont papoter un peu. Mais la politesse a des limites: Alan est scotché à son téléphone portable, Penelope se moque sous cape de Nancy, Michael joue les beaufs. Et soudain, tout part en vrille. Car trop de civilités tue le civilisé: à force de pinailler, ce quatuor va exploser comme une cocotte-minute, les individus vont se sauter au cou. Non sans que leur aigreur soit d’abord sortie en vomis ou en hystérie...

Sous le costume, la bête

Huis-clos pour quatre comédiens (Kate Winslet, Jodie Foster, John C. Reilly et Christoph Waltz, tous sidérants) dans un appartement new-yorkais, «Carnage» n’est pas qu’un formidable numéro d’acteurs ni un pur exercice de style. C’est une démonstration de mise en scène au service d’une tranche de bestialité en vêtements griffés.