«Les femmes du 6ème étage»

01 mars 2011 16:44; Act: 01.03.2011 16:51 Print

Monsieur ouvre sa porte aux bonnes

par Fred Ferrari - Dans son film «Les femmes du 6ème étage», Philippe Le Guay vante sur le mode de la comédie les immigrées espagnoles des années 60.

Une faute?

Elles font la cuisine et astiquent l’argenterie avec une énergie et une bonne humeur qui font rager les concierges françaises. Elles vivent sous les toits dans des chambres minuscules et sans confort, des chambres de bonnes. Normal, ce sont des bonnes! Espagnoles, elles remplissent les cours de leurs éclats de rire, mais restent invisibles chez leurs patrons, sauf quand elles servent de défouloirs à leurs crises de nerfs.

Une bonne séduit son patron

Rien ne prédestinait leur monde à se mêler à celui de leurs employeurs. Jusqu’au jour où un agent de change coincé (mais pas autant que sa femme, une Sandrine Kiberlain digne de Jean-Pierre Bacri dans l’art de râler) ouvre les yeux sur leur condition. Joubert (Fabrice Luchini) fait réparer leurs WC, use de ses relations pour leur obtenir une promotion, prête son téléphone. Même qu’il va squatter au 6ème! Il faut dire qu’il en pince pour Maria, la dernière arrivée...

Un vaudeville léger et efficace

«Les femmes du 6ème étage» frôle sans cesse les clichés (paella et flamenco!) tout enles évitant grâce à des comédiens manifestement aux anges dans leurs rôles. Cette petite chronique à l’allure désuette mais aux échos modernes, même si l’intention du scénariste-réalisateur n’était manifestement pas de faire la morale, prouve une fois de plus que le milieu populaire et le registre du vaudeville réussissent au cinéma français.