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22 mai 2019 14:05; Act: 23.05.2019 12:50 Print

Par ici toutes les sorties ciné du 22 mai!

par Catherine Magnin - La poudre de perlimpinpin d'«Aladdin», les vlan! vlan! de «John Wick», le radicalisme du «Jeune Ahmed»... quelle diversité cette semaine!

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Sur ce sujet
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«Aladdin», de Guy Ritchie
Retrouvez la critique du film ici

«Le jeune Ahmed», de Luc et Jean-Pierre Dardenne

Ahmed a tout d’un enfant ordinaire. Sauf qu’après avoir troqué sa PlayStation contre une version extrémiste de l’islam, il tente de tuer sa prof. Enfermé dans une prison pour mineurs, réussira-t-il à s’extirper de ce fanatisme morbide? Difficile de deviner ce qui se cache derrière les sourcils broussailleux de cet ado au visage d’ange. Avec «Le jeune Ahmed», les frères Dardenne, en compétition cette année pour une troisième Palme d’or, traitent avec délicatesse un sujet sensible. Dommage que le scénario dénué de tout sentiment empêche de s’y plonger entièrement. ***

«John Wick Parabellum», de Chad Stahelski

John Wick (Keanu Reeves) nous revient pour la troisième fois, avec à ses trousses tout ce que New York – et au-delà – compte de chasseurs de primes, Asiatiques, Italiens, Russes, Arabes... Qu’importe l’intrigue, simple prétexte à des scènes de bastons à répétition. Le nombre des victimes dépasse d’ailleurs allègrement celui des deux précédents épisodes. Le moindre bouquin devient une arme fatale, les «Vlan! Vlan!» succèdent aux «Pan! Pan!» dans un enchaînement de séquences dont le seul but semble être de démolir décors et figurants. C’est assommant, mais nul ne pourra prétendre ne pas s’y être attendu. «John Wick Parabellum», réalisé par Chad Stahelski, doublure cascade de Keanu Reeves sur la trilogie «Matrix», s’adresse justement à ceux qui savent ce qu’on va leur servir. Quel intérêt pour les autres? Vérifier qu’à 54 ans, l’acteur tient la forme pour un éventuel «Matrix 4»? Ils seront rassurés. **

«Un tramway à Jérusalem», d’Amos Gitaï

Sur papier, l’idée est bonne: filmer les gens, les religions, la diversité, les couleurs, en ne quittant jamais le tram qui traverse Jérusalem. Un peu façon Jafar Panahi dans «Taxi Téhéran». Dommage que ce voyage imaginé par Amos Gitaï, juxtaposition de fragments de vie, ne soit pas à la hauteur. Trop longue, enfermée dans ses gros plans, la fiction aurait mérité de s’épanouir davantage. **

«Pity», de Babis Makridis

Se faire plaindre, quand on souffre comme un chien, ça fait du bien. Le personnage principal de «Pity», dont la femme est dans le coma, en sait quelque chose. Mais quand la pitié d’autrui s’épuise, qu’inventer? Davantage de malheur? Démarré comme une tragédie grecque filmée à la Aki Kaurismaki, «Pity» s’essouffle parfois, mais distille un humour noir assez jouissif. ***

«Pour toujours», de Fanny Bräuning

Passionné de photo, Niggi emménage son camping-car pour voyager avec sa femme Annette, que la sclérose en plaques a rendue tétraplégique. Leur périple, filmé par leur fille, vibre d’une émotion qui ne nie pas la tristesse, mais lui préfère la lumière. Plus qu’une leçon de vie, «Pour toujours» est une formidable histoire d’amour que sa musique insipide ne réussit pas à tiédir.
***

Et pour qui a envie de prolonger l'aventure, le festival Regards de voyages se déroule jusqu'au 26 mai 2019 au cinéma Rex, à Aubonne. Avec au menu des films comme «Free Solo», «Zabardast», «Marcher pour Genna» ou encore «Seul en Alaska»...