«Grâce à Dieu»

19 février 2019 17:45; Act: 19.02.2019 17:45 Print

Briser le silence de l'Église

par Marine Guillain - La justice a autorisé lundi la sortie de «Grâce à Dieu», Grand prix du jury à la Berlinale. Heureusement, car on frise le chef d'oeuvre!

Nous avons rencontré Swann Arlaud la semaine dernière à la Berlinale. Découvrez son interview.
Sur ce sujet
Une faute?

«Grâce à Dieu, tous ces faits sont prescrits!» avait lancé le cardinal Barbarin lors d'une conférence de presse à Lourdes, en avril 2016. Il faisait allusion aux abus sexuels commis par le père Preynat sur des dizaines de jeunes scouts à Lyon dans les années 1980-1990. François Ozon («8 femmes», «Jeune & jolie», «L'amant double») s'est emparé de ce scandale pour en faire l'essentiel et l'ultra­documenté «Grâce à Dieu».

Alexandre (Melvil Poupaud) vit heureux avec femme et enfants lorsqu'il apprend que le prêtre qui a abusé de lui officie toujours auprès de gosses. Il se lance alors dans un très long combat pour faire éclater la vérité. François ­(Denis Ménochet), Emmanuel (Swann Arlaud) et d'autres ­victimes vont se joindre à lui.

Hallucinant, à quel point l'Église fait traîner les choses! Saisissantes, la patience et la foi dont fait preuve Alexandre face à l'omerta! «Ça ne sert à rien de ressasser le passé», lui dit le cardinal Barbarin (François Marthouret). «Tu as toujours été doué pour remuer la merde», lui lance sa mère. Et enfin, impressionnantes, la maîtrise et la pudeur avec lesquelles François Ozon domine son sujet.

Lundi, la justice a refusé le report de la sortie du film. L'avocat du prêtre lyonnais demandait de la retarder jusqu'au procès de son client, fin 2019. Quant au jugement du cardinal Barbarin, accusé de non-­dénonciation de crimes, il est attendu le 7 mars.

La bande-annonce de «Grâce à Dieu»: