«Pupille»

04 décembre 2018 21:19; Act: 04.12.2018 21:19 Print

Fabuleux destin d'un bébé abandonné à la naissance

par Catherine Magnin - Théo, né sous X, est le personnage central de «Pupille», un long métrage de Jeanne Herry qui déborde d’humanité.

Une faute?

Il s'en passe, des choses, entre le moment où une femme décide de remettre son nouveau-né à l'adoption et le moment où celle-ci a lieu. Deux mois, c'est le temps laissé à la mère biologique pour changer d'avis. Deux mois au cours desquels déjà s'active la machine étatique de prise en charge du pupille, formalités à remplir, bons adoptants potentiels à choisir. Un laps de temps pendant lequel il faut assurer le bien-être physique, matériel, mais surtout humain du bébé. Et amortir le choc de l'abandon...

Assistants sociaux, infirmières, parents d'accueil temporaires, candidats adoptants: les adultes se relaient pour prendre en charge ce petit être. Voilà ce que met en scène «Pupille». Rien, dans le deuxième long métrage de Jeanne Herry, n'a l’air d'une fiction, puisque tout est parfaitement documenté. Rien n'a l’air théorique, puisque tout est incarné dans des personnages qui ont leurs problèmes, leurs histoires, leurs rancoeurs, leurs espoirs.

Comme Jean (Gilles Lellouche) qui a fait du rôle de passeur sa profession. Ou Alice (Elodie Bouchez), que l'adoption transforme en mère à l'issue d'un parcours du combattant.

Ce film est un magnifique acte d'amour et de foi en l'humanité, qui met l'enfant au milieu de toutes les attentions, qui en fait une personne à part entière, capable d'entendre, de comprendre. Qu'est-ce que c'est beau!