«Hors normes»

22 octobre 2019 18:59; Act: 23.10.2019 07:59 Print

Qu'importent les normes quand on est ange gardien

par Catherine Magnin - Huit ans après le succès d'«Intouchables», «Hors normes», d'Olivier Nakache et Éric Toledano, va droit au coeur

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Bruno (Vincent Cassel) et Malik (Reda Kateb) sont des héros sans auréole. À la tête d'associations s'occupant d'autistes, ils prennent en charge dans l'urgence les cas «hypercomplexes» que les institutions étatiques ne peuvent plus assumer de manière satisfaisante. Le duo forme même des jeunes issus de quartiers difficiles à l'encadrement de handicapés, histoire de faire d'une pierre deux coups.

Et les normes dans tout ça, quand on héberge des autistes sévères dans des appartements aménagés tant bien que mal, avec un personnel non diplômé? On oublie. Enfin, pas les inspecteurs qui ont Bruno dans le collimateur...

Plaidoyer pour des anges gardiens qui se donnent corps et âme, réquisitoire contre la démission de services sociaux dépassés: «Hors normes», c'est du lourd… léger! C'est que le scénario ménage, avec la complicité de comédiens amateurs, de formidables bouffées d'oxygène.

Le geste de pure innocence joyeuse d'un autiste qui désamorce une situation tendue; un jeu pour se familiariser avec la jungle des sigles; un bégaiement emprunté qui vaut tous les speed-datings… En prise directe avec une réalité méconnue du grand public, Toledano et Nakache, comme leurs deux «héros», sont plus efficaces dans le registre de l'action que dans celui du discours. La tête sur les épaules, le coeur sur la main, ils sont tout simplement bouleversants.