«La lutte des classes»

16 avril 2019 18:28; Act: 16.04.2019 18:28 Print

Quand les bobos luttent pour une école égalitaire

par Steven Wagner - «La lutte des classes» aborde de façon brillante et avec humour la question de l'éducation et de la mixité sociale.

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Paul (Édouard Baer), un musicien punk aux convictions anarchistes, est en couple avec Sofia (Leïla Bekhti), une brillante avocate. Lorsqu'ils quittent les beaux quartiers pour aller vivre en banlieue, ils placent leurs deux enfants à l'école publique. Mais à la suite d'un accident, plusieurs parents inscrivent leurs rejetons dans un collège privé, sous prétexte d'une meilleure éducation. Pour Paul et Sofia, c'est une décision inadmissible, loin des valeurs égalitaires qu'ils prônent.

Le scénario de «La lutte des classes» est né d'une situation que le réalisateur Michel Leclerc et sa femme scénariste, Baya Kasmi, ont vécue. Ces bobos parisiens se sont retrouvés pris entre leurs idéaux et la ­réalité du terrain. Pour en parler, ils ont donc choisi la carte de la dérision. Et tout y passe, sans tabous: religion, éducation, racisme. «Aujourd'hui, blanc, ce n'est plus une couleur de peau, c'est une classe sociale», affirme Paul avec fatalisme. Lorsqu'il devient la minorité parmi des parents d'origine étrangère, l'angoisse change alors de camp.

Souvent, on ne sait plus s'il faut rire ou pleurer de la situation. Si certaines scènes ont le gag facile, d'autres sont bien plus cinglantes et transforment le ton léger en satire. Pas toujours subtil mais plein d'énergie, «La lutte des classes» s'amuse des contradictions de la gauche et se moque du politiquement correct. Il interroge aussi les limites du vivre ensemble, le tout avec un ton enjoué et incisif.