«Une belle équipe»

14 janvier 2020 21:17; Act: 14.01.2020 21:17 Print

Mecs privés de foot: place aux filles!

par Marine Guillain - Avec «Une belle équipe», Mohamed Hamidi tisse un récit banal et dépassé, qui manque de mordant.

Une faute?

Les joueurs du petit club de foot de Clourrières, ce sont un peu les stars locales. Alors, quand toute l'équipe est suspendue jusqu'à la fin de la saison à cause d'une bagarre sur le terrain, c'est le drame. Reste une solution, proposée par la fille de l'entraîneur Marco (Kad Merad): faire jouer les femmes à la place des hommes. Vous vous en doutez, la nouvelle ne réjouira pas l'ensemble du club, et les filles ne manqueront pas d'essuyer moqueries et remarques sexistes. L'un de leurs maris –caricaturé à l'extrême– mettra même tout en œuvre pour saboter le projet du coach. Tout ça ne les empêchera pas de se battre jusqu'au bout pour décrocher le point qui manque au club afin d'éviter la relégation...

De Mohamed Hamidi, on avait adoré l'hilarant et touchant «La vache». On avait bien moins aimé «Jusqu'ici tout va bien», pétri de clichés sur la rencontre du Paris bobo avec la banlieue. Eh bien, zut: le cinéaste ne se rattrape pas avec «Une belle équipe», où prolifèrent de nouveau une ribambelle de poncifs. Du genre: lorsque les femmes se mettent au foot, leurs hommes sont complètement paumés à la maison, ne sachant s'occuper ni de leurs gosses ni du ménage. En 2020, heu, disons qu'il est dur de se laisser convaincre par un scénario si bateau. Outre quelques moments feel-good propres au réalisateur, sa comédie est rarement drôle et ne parvient même pas à émouvoir, alors qu'elle avait les atouts pour.