«Judy»

25 février 2020 19:34; Act: 25.02.2020 19:34 Print

Renée tient le rôle de sa vie

par Catherine Magnin - Son interprétation de Judy Garland a valu à celle qui fut Bridget Jones le 2e Oscar de sa carrière.

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Seize ans après avoir été sacrée Meilleure actrice dans un second rôle pour «Cold Mountain», Renée Zellweger, 50 ans, a décroché le graal pour sa prestation dans «Judy». Rien à redire, sa performance, au sens quasi sportif du terme, est impressionnante, et la statuette de Meilleure actrice bien méritée. Amaigrie, la comédienne ne se contente pas d'interpréter elle-même les chansons du film, elle décline avec nervosité le mélange de force et de fragilité de son personnage.

C'est qu'en 1968, au crépuscule de sa carrière (et de sa vie: elle mourra l'année suivante, à 47 ans), fauchée, malade, la légendaire Judy Garland est une épave. Mais une épave adulée. C'est sur scène à Londres que celle qui fut révélée en 1939 dans «Le magicien d'Oz» se résout à aller chanter, pour un cachet qui aurait dû lui permettre de récupérer la garde de ses enfants. Un baroud d'honneur teinté de déceptions, d'errance et de nostalgie, et mû par un amour viscéral des feux de la rampe.

Le biopic tramé, dans toutes les règles de l'art –et rien que les règles de l'art– par Rupert Goold a le bon sens de se concentrer sur une époque précise de la vie de Judy Garland. Il évite le recours aux maquillages rajeunissants, évoque le passé en creux, les flash-back se limitant aux débuts de l'actrice, quand, façonnée par le patron du studio MGM, elle sacrifia son enfance aux normes de Hollywood. Cela donne un biopic aussi sobre que Judy était impétueuse. Un peu plus d'ivresse n'aurait pourtant pas été de trop.