Russie

17 avril 2019 15:34; Act: 17.04.2019 17:03 Print

Serebrennikov primé pour une pièce conçue en prison

Le réalisateur russe, décrié par le Kremlin, a mis à profit son assignation à résidence pour concevoir une oeuvre qui séduit.

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(Photo: Keystone)

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M. Serebrennikov, directeur artistique du Centre Gogol, théâtre qu'il a transformé en l'un des centres névralgiques de la culture contemporaine à Moscou, a remercié mardi soir la communauté artistique russe pour son «soutien», en montant sur la scène du prestigieux théâtre Bolchoï de la capitale, où se déroulait la cérémonie retransmise par la télévision indépendante Dojd.

Le metteur en scène et réalisateur avait continué à travailler depuis chez lui lors de son assignation à résidence débutée à l'été 2017. Il peut depuis le 8 avril retrouver théâtres et tournages, à la condition de ne pas quitter la capitale russe.

«J'espère que vous m'avez donné ce prix car la pièce vous a réellement plu», a-t-il plaisanté en recevant le «Masque d'Or» en tant que meilleur metteur en scène dramatique avec sa pièce «Les Petites Tragédies» et pour le meilleur ballet de la saison avec «Noureev», consacré au célèbre danseur étoile soviétique.

«J'espère que la communauté du théâtre va également se soutenir mutuellement, de la même manière qu'elle me soutient», a-t-il ajouté.

Accusation de détournement

Kirill Serebrennikov est accusé d'avoir détourné environ 130 millions de roubles (environ 2 millions de francs) de subventions publiques destinées à son théâtre moscovite grâce à un système de devis et factures gonflés entre 2011 et 2014.

Lors de l'ouverture de son procès en novembre, le procureur l'avait accusé d'avoir «coordonné un groupe criminel» à des fins d'enrichissement personnel.

Le metteur en scène avait pour sa part répondu n'avoir été responsable que des «processus artistiques et de la formation des programmes» et n'avoir «rien volé».

Depuis son arrestation en août 2017, de nombreux appels à la levée des accusations pesant sur lui ont été lancés par des figures du monde des arts russe comme par des personnalités culturelles internationales.

Pour ses partisans, il paye sa liberté de création et ses pièces parfois osées, mêlant politique, sexualité et religion, dans un pays où les autorités poussent pour un retour en force des valeurs traditionnelles et conservatrices.

(nxp/ats)