«Tanguy»

09 avril 2019 20:35; Act: 09.04.2019 20:35 Print

Tanguy revient et ça craint

par Marine Guillain - Dix-huit ans après avoir enfin pris son envol, le grand dadais est de retour dans le cocon familial. Un second volet loin d'être indispensable.

Une faute?

Grosse déprime pour Tanguy (Éric Berger): du jour au lendemain, sa femme chinoise l'a quitté pour un autre. Ni une ni deux, le papa de 44 ans plie bagage et, avec sa fille adolescente, saute dans un vol Pékin-Paris qui le ramène chez papa-maman... De leur côté, Paul (André Dussollier) et Édith (Sabine Azéma) pètent la forme et mènent une existence royale de retraités. Peinés par le désarroi de leur fiston, ils l'accueillent d'abord à bras ouverts. Mais au bout de quelques mois...

Les 45 premières minutes de «Tanguy, le retour», de nouveau réalisé par Étienne Chatiliez, s'écoulent comme un long fleuve tranquille, sans vagues. Lorsque Paul et Édith réalisent que leur psychopathe de fils se sent trop à son aise chez eux et qu'ils ne sont pas près de s'en débarrasser, les hostilités démarrent. Là, on se dit qu'on va enfin s'amuser, mais non. On rit deux fois (allez, trois pour être sympa), et en dehors de ça on trouve le temps bien long. Et ce ne sont pas les citations de sagesse chinoise qui parviennent à combler le vide.

Outre les problèmes de temporalité, pointons l'utilisation de clichés fort désagréables: la fille de Tanguy, son petit ami, la mère et les autres Asiatiques qui débarquent au fur et à mesure sont tous polis, souriants et sans relief... dans un film qui n'en a pas davantage.