Festival de Cannes

21 mai 2019 19:30; Act: 21.05.2019 19:33 Print

Tarantino, vingt-cinq ans après «Pulp Fiction»

par Henry Arnaud, Cannes - Tarantino concourt pour la Palme d’or avec «Once Upon a Time... in Hollywood» (en août 2019 sur les écrans de Suisse romande).

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C’est lors de la fête de la HFPA (Hollywood Foreign Press Association), qui organise chaque année les Golden Globes Awards, que «20 minutes» a rencontré le réalisateur dimanche.

Êtes-vous un grand habitué des soirées cannoises comme celle de la HFPA?
J’aime arriver sur la Croisette quelques jours avant ma projection pour prendre l’ambiance du festival. La HFPA distribue des millions de dollars chaque année à des œuvres de charité, et ce soir un demi-­million est destiné aux réfugiés et migrants. C’est important de soutenir ces initiatives.

Peut-on dire que «Once Upon a Time... in Hollywood» est une lettre d’amour à votre enfance?
Oui, c’est un hommage à la ville de Los Angeles de ma jeunesse. J’étais à Hollywood en 1969, année où se déroule l’action de mon film. Je n’avais que 5 ans mais je me souviens de la musique, des radios locales comme 93KHJ que l'on entend dans «OUATIH». Je n'étais pas assez vieux pour connaître l'ambiance des clubs ou des bars par exemple. Mon plus fort souvenir de cette année-là, ce sont les dessins animés que je regardais tous les jours à la télé. Je ne l'ai vu que des années plus tard, mais le film «Horror House» de cette année-là m'a aussi marqué.

Comment présenter votre long métrage?
Je déteste donner des détails sur mes intrigues car je veux surprendre les spectateurs. Avant la Première de Cannes, j'ai même adressé un message aux festivaliers pour qu'ils ne parlent pas de l'histoire. «OUATIH» ne sort pas avant plusieurs mois au cinéma. J'aime mélanger fiction et réalité. Tout se déroule avec les meurtres de la famille Manson (ndlr: Charles Manson, criminel américain connu notamment pour avoir assassiné Sharon Tate, alors épouse de Roman Polanski) en toile de fond.

Pourquoi avoir choisi Brad Pitt et Leonardo DiCaprio?
Ils sont parfaits pour mes rôles principaux et ils sont les dernières stars masculines de Hollywood. À présent, on parle de célébrités, de people, mais plus de stars comme eux.

Vous êtes à Cannes exactement 25 ans après la première mondiale de «Pulp Fiction». Êtes-vous nostalgique de cette période?
Complètement. Quand «Pulp Fiction» est sorti, tous les films étaient projetés avec de la vraie pellicule, alors qu'aujourd'hui tout est digital et a perdu sa saveur, selon moi. En vingt-cinq ans, le vrai cinéma indépendant est mort. Quand j'ai réalisé «Reservoir Dogs» (ndlr: en 1992), des dizaines de petits distributeurs du monde entier avaient achetés les droits pour différents pays. J'avais fait le tour de la planète pour promouvoir mon travail. Aujourd'hui, tout le cinéma est contrôlé par quelques puissants studios. Il n’y a plus de place pour les artistes indépendants sur grand écran. Le refuge des artistes, c’est Netflix.