Etats-Unis

02 décembre 2018 07:21; Act: 03.12.2018 06:43 Print

Un Spider-Man noir et latino sur les écrans

L'homme araignée revient sur les écrans cet hiver, mais sous forme de dessin animé et plus inclusif.

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Le jeune homme a joué dans DOPE un film indépendant américain. (Photo: AFP)

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Spider-Man revient, une énième fois, au cinéma. Mais cette année, alors qu' Hollywood tente de diversifier le profil de ses héros, l'homme araignée est noir et latino. Exit Peter Parker, bienvenue Miles Morales.

Moins d'un an après le succès de «Black Panther», le premier super-héros noir de l'univers Marvel, un autre personnage de couleur va tisser sa toile sur grand écran: Miles Morales, dans «Spider-Man: New Generation», qui doit sortir mi-décembre en France et aux Etats-Unis.

Le scénario de ce film d'animation - un adolescent piqué par une araignée radioactive - est déjà bien connu. Mais cette fois l'action se déroule dans un univers où Peter Parker, plus vieux, se contente d'un rôle de mentor.

C'est Shameik Moore, un acteur et chanteur d'origine jamaïcaine de 23 ans, qui prête sa voix au jeune super-héros, dans ce film réalisé par Peter Ramsey, Bob Persichetti et Rodney Rothman.

Bien avant de décrocher le rôle, il voulait jouer ce personnage, a-t-il raconté à l'AFP. Une amie lui avait offert un journal pour qu'il couche ses pensées sur papier. «Une des toutes premières choses que j'ai écrites est Je suis Spider-Man. Je suis Miles Morales ».

C'est en apparaissant dans «Dope», petit film indépendant apprécié par la critique et sorti en 2015, qu'il a attiré l'attention des producteurs. La probabilité pour qu'il soit projeté sur le devant de la scène de la sorte était pourtant aussi faible que celle de se faire piquer par une araignée radioactive, se plaît-il à expliquer pour filer la comparaison avec Spider-Man. «L'araignée l'a choisi alors que plusieurs milliers de personnes vivent à Brooklyn. Et Sony m'a choisi pour Miles Morales au milieu des milliers de personnes qui ont passé le casting».

- Premier film sans Stan Lee-

«Spider-Man: New Generation» veut rendre un hommage à la bande-dessinée originale avec son style léger et ses bulles qui s'affichent à l'écran. Ce sont les premières aventures d'un super-héros Marvel à sortir au cinéma depuis le décès du créateur de Spider-Man, le scénariste Stan Lee, mort le 12 novembre à l'âge de 95 ans.

La légende de la bande-dessinée, papa également des X-Men ou de Hulk, est créditée comme un des producteurs exécutifs du film. Et, comme c'est la tradition dans les films Marvel, il fait une apparition - sous forme animée bien sûr.

L'idée d'un homme-araignée de couleur a germé dans la tête des responsables de Marvel après la victoire de Barack Obama en 2008. La maison d'édition, un des poids lourds les plus influents de la pop culture américaine, a créé en 2011 ce personnage métis, qui officie dans une réalité parallèle à celle que connaissent les lecteurs depuis les années 1960 et où Peter Parker est Spider-Man.

L'adaptation de ses aventures semblait donc inévitable étant donné le nouvel intérêt qu' Hollywood s'est trouvé pour les films mettant les minorités à l'honneur, qui s'avèrent souvent très rentables («Wonder Woman» ou «Black Panther» pour les super-héros, «Crazy Rich Asians» dans un autre registre).

«Je pense que tout a à voir avec le business. La raison pour laquelle il y a plus de projets multiculturels ou avec des femmes est qu'il y a une vraie demande, les gens sont prêts à payer pour cela», explique à l'AFP Jake Johnson, la voix de Peter Parker. Mais, noir, blanc ou métis, Spider-Man reste un super-héros. Et Miles Morales «n'est pas moins puissant que les autres», ajoute-t-il.

(nxp/afp)