«Beautiful Boy»

05 février 2019 18:32; Act: 05.02.2019 18:32 Print

Un éprouvant voyage pour se libérer de la drogue

par Marine Guillain - «Beautiful Boy» raconte le long combat d'un jeune toxicomane et de son père. Bouleversant.

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Une addiction n'est pas le problème d'une seule personne. De loin pas. Lorsque le jeune Nic Sheff (Timothée Chalamet) devient accro à l'héroïne, c'est toute une famille qui est aspirée dans une spirale dramatique. L'originalité du premier film américain du Belge Felix Van Groeningen («Belgica», «Alabama Monroe») est qu'il ne s'inspire pas d'un, mais de deux ouvrages: les mémoires du père (David Sheff, joué par Steve Carell) et celles du fils. Ainsi, le long métrage navigue sans cesse d'un point de vue à l'autre.

Les qualités sportives et intellectuelles de Nic, sa famille (recomposée) aimante et son milieu aisé n'y ont rien fait: à 12 ans, il a touché à la drogue et, quelques années plus tard, il est devenu accro. Sans jamais basculer dans le larmoyant, «Beautiful Boy» (curieusement absent de la course aux Oscars) se révèle délicat et plein de justesse. Comme dans cette scène intense où, dans leur diner préféré, père et fils se font face. Nic quémande de l'argent, puis il essaie de lancer une discussion normale, sans succès. Le manque de substance est trop fort.

Passons sur les scènes en désordre inutilement superposées qui font parfois perdre la notion de temporalité. Pour un tel résultat, il fallait un Steve Carell dans la retenue et un ­Timothée Chalamet authentique. Sans surprise, le garçon confirme ainsi son talent grandiose, un an après «Lady Bird» et le parfait «Call Me by Your Name».