Berlinale

16 février 2019 05:39; Act: 16.02.2019 05:39 Print

Une fresque chinoise et un film israélien favoris

L'Ours d'or sera dévoilé ce samedi soir par le jury de la Berlinale, présidée par l'actrice française Juliette Binoche.

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Une fresque chinoise sur l'impact de la politique de l'enfant unique et un film israélien figurent samedi parmi les favoris de la récompense suprême du festival du film de Berlin, l'un des plus grands dans le monde avec Cannes et Venise.

Le jury de la Berlinale, présidé par l'actrice française Juliette Binoche, devra choisir, parmi les 16 films en compétition, qui succèdera à la Roumaine Adina Pintilie, Ours d'or l'an dernier avec «Touch me not». La décision est attendue en soirée vers 19H00.

Parmi eux, «So Long, my son», du Chinois Wang Xiaoshuai, qui avait obtenu le Grand prix du jury à Berlin en 2001 pour «Beijing bicycle». Ce long récit de trois heures mêlant intime et politique a ému les festivaliers et séduit la critique, alors qu'un autre film chinois, «One second» du vétéran Zhang Yimou, a été retiré au dernier moment de la compétition, officiellement pour «raisons techniques».

Traversant trois décennies d'histoire chinoise après la Révolution culturelle, des années 80 aux années 2010, «So Long, my son» raconte l'histoire d'une famille, marquée par la perte d'un enfant.

«L'histoire elle-même peut être lue comme une critique cinglante de la politique de l'enfant unique, récemment abandonnée. Il y a aussi des scènes fortes qui illustrent les retombées douloureuses du mouvement frénétique de la Chine vers le capitalisme dans les années 80 et au début des années 90», a commenté le South China Morning Post, quotidien en anglais de Hong Kong.

Autre favori de la critique «Synonymes», de l'Israélien Nadav Lapid («L'Institutrice»), inspiré de la vie du cinéaste à Paris au début des années 2000, a séduit pour son ton original, sa réflexion sur l'identité et la performance de son comédien principal, Tom Mercier, révélation du film.

Il y interprète un jeune Israélien qui vient à Paris pour quitter la situation politique de son pays et changer radicalement de vie. Il rejette sa culture et sa langue, décidé à apprendre le français dans un dictionnaire.

Surprise macédonienne

Alors que cette année, sept films sur 16 en lice ont été réalisés par des femmes --un niveau inédit dans la compétition berlinoise--, l'une d'elles a notamment réjoui, la réalisatrice de Macédoine du Nord Teona Strugar Mitevska, avec «Dieu existe, son nom est Petrunya». Film drôle et engagé à la fois, il est inspiré de l'histoire vraie d'une jeune femme qui a décidé sur un coup de tête de participer à une compétition rituelle traditionnellement réservée aux hommes, défiant la société patriarcale et les autorités religieuses.

Seule oeuvre française en compétition, le film de François Ozon «Grâce à Dieu» porte sur la pédophilie dans l'Eglise, pourrait également se retrouver au palmarès. Il raconte l'histoire de trois victimes dans l'affaire Barbarin, incarnées par Melvil Poupaud, Denis Ménochet et Swann Arlaud.

Le Chinois Wang Quan'an (Ours d'or en 2007 pour «Le Mariage de Tuya») a trouvé des adeptes avec «Ondog», une histoire d'amour et d'émancipation à l'image soignée dans les plaines de Mongolie. Le Canadien Denis Côté avec «Répertoire des villes disparues», une oeuvre fantastique sur des revenants dans un village frappé par la mort de l'un des siens, et le Turc Emin Alper avec «A Tale of three sisters», un portrait de trois jeunes femmes pauvres en Anatolie, ont également séduit.

Enfin le film italien «Piranhas» de Claudio Giovannesi, adaptation d'un livre de l'écrivain anti-mafia Roberto Saviano sur des gangs de jeunes à Naples, n'a pas laissé les festivaliers indifférents. D'autres réalisateurs attendus ont en revanche déçu, comme la Danoise Lone Scherfig («Italian for beginners») avec son film choral à New York «The Kindness of strangers», avec Zoe Kazan et Tahar Rahim.

L'Allemand Fatih Akin a pour sa part suscité le malaise avec «The Golden Glove», un portrait controversé, sombre et grimaçant d'un serial killer de Hambourg dans les années 70. Pour le site américain de cinéma Indiewire, c'est «l'un des plus infâmes films de serial killer jamais faits».

(nxp/afp)