«Balada triste»

21 juin 2011 16:47; Act: 21.06.2011 17:08 Print

Une grimace pour se venger

par Fred Ferrari - Avec «Balada triste», Alex de la Iglesia réalise son film le plus dur, le plus baroque et le plus réussi.

Une faute?

On résume souvent l’œuvre d’Alex de la Iglesia à son humour noir. Jamais il ne l’aura poussé à un tel extrême. «Balada triste» raconte l’histoire de Javier, un clown qui, pour venger son père tué par Franco, a juré de ne jamais faire rire. Il n’en rêve pas moins d’épouser une belle acrobate qui lui préfère un autre clown, même quand Javier l’aura défiguré.

Dans cette foire aux monstres (Javier se dessine même un maquillage de farce à coup de soude caustique et de fer à repasser brûlant), de la Iglesia convie aussi bien Fellini, qu’Hitchcock (le dénouement se joue au sommet d’une immense immeuble), le gore et le politique (le film est traversé d’images des actualités de l’époque où le peuple se prélassait sur les plages pour oublier la dictature).

Pamphlet, romance impossible, film d’horreur, «Balada triste» est tout cela à la fois, dans un mix excessif, risqué et mordant.