«Green Book»

22 janvier 2019 18:46; Act: 22.01.2019 18:46 Print

Videur blanc et pianiste noir: un duo à l'unisson

par Catherine Magnin - Tranche de ségrégation raciale dans les sixties, «Green Book: sur les routes du sud» ne prête pas à rire. Quoique...

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Les Noirs? Disons que Tony Lip (Viggo Mortensen), videur italo-américain du Bronx, préfère jeter, plutôt que laver, les verres dans lesquels ils ont bu! Mais il faut bien manger: Tony accepte d'être le chauffeur du Dr. Don Shirley (Mahershala Ali), pianiste noir qui a l'idée saugrenue de partir en tournée dans le Sud profond. Idée saugrenue, car l'action se déroule en 1962...

On ne déflorera guère le suspense en dévoilant que Tony et Don finiront amis. C'est dans les étapes du voyage que se niche l'édifiant tableau de l'hypocrisie de ces Blancs qui se régalent de la virtuosité du pianiste, tout en le priant d'aller pisser dans le jardin. Aussi édifiant que l'existence même du «Green Book», répertoire d'établissements hôteliers de 3e zone acceptant d'héberger les voyageurs «de couleur».

Viggo Mortensen et Mahershala Ali – tous deux nominés aux prochains Oscars pour leurs prestations – portent le film sur leurs épaules. Le premier est méconnaissable en avaleur compulsif de pizzas, le second explose de nuances sous la pose prise par son personnage. De plus, le film ne lésine pas sur l'humour. Après tout, c'est le Peter du duo Peter et Bobby Farrelly qui réalise. Et fait que «Green Book» n'est pas un énième film sur l'histoire du racisme aux Etats-Unis.