«McQueen»

04 septembre 2018 16:29; Act: 04.09.2018 16:29 Print

«On a bossé jour et nuit»

par Marine Guillain - Le cinéaste genevois Ian Bonhôte a réalisé un doc splendide sur le styliste britannique Alexander McQueen. Interview.

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Au lendemain de sa matu à ­Genève, Ian Bonhôte a pris le large: Venezuela, New York, puis Londres. Rencontre avec ce passionné de vidéo.

On ne vous connaissait pas avant de découvrir votre film. Quelle est votre histoire?
J'ai commencé par le théâtre quand j'étais gosse. Plus tard j'ai regardé de plus près ce qui se passait derrière la caméra. Je suis tombé amoureux de la technique. J'ai commencé une école de cinéma à Londres et j'ai réalisé des clips et des visuels pour des artistes et pour les festivals de Glastonbury, de Leeds ou les MTV Awards.

Et McQueen, quand est-il apparu dans votre vie?
McQueen est une institution anglaise. Il m'a inspiré dès le départ. En 1997, quand j'ai emménagé à Londres, je bossais à 20m de son studio. Je le voyais tout le temps. Il venait de prendre Givenchy. Ce gamin de 26 ans issu d'un milieu très pauvre: tous les médias en parlaient, il était partout!

Comment vous êtes-vous procuré les images d'archives?
Aujourd'hui, tout le monde filme tout. A l'époque, il n'y a avait que quatre journalistes qui couvraient les défilés. Lee (son premier prénom) McQueen a donné plein d'interviews à l'une d'eux et on a pu en retrouver des tas. Certaines n'étaient jamais parues.

Avez-vous dû obtenir une autorisation pour réaliser ce film?
Non, mais il a fallu convaincre les gens d'y participer. La famille a accepté, mais ça a pris du temps. La marque a refusé, sûrement car Lee a eu une vie rock'n'roll et qu'ils ont eu peur d'un film dégradant pour la marque.

Combien de temps vous a pris la totalité du projet?
Un an. C'est super rapide, je ne le conseillerais pas. Mais on a découvert qu'il y avait un autre doc sur McQueen en préparation et on a voulu être le premier. Finalement c'était le rythme auquel Lee travaillait: il faisait entre dix et quatorze collections par année! On n'a pas trop eu le temps de réfléchir, on a bossé jour et nuit et presque tous les week-ends pendant un an.