«Le daim»

10 juillet 2019 06:17; Act: 10.07.2019 06:17 Print

Méfiez-vous d'un homme vêtu d'un blouson de daim

par Catherine Magnin - Étiqueté auteur et réalisateur de films fous, Quentin Dupieux attaque de front la folie dans son septième long métrage.

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Moins déjanté que «Rubber» (et son pneu psychopathe), pas moins viscéral que «Steak» ou «Wrong», tout aussi tordu que «Réalité» ou «Au poste!», «Le daim» part d'une idée simple pour mieux enchaîner sur un engrenage de folie. Georges (Jean Dujardin), un quadragénaire dont on ne sait rien sinon qu'il s'est séparé de sa femme qui lui a coupé les vivres, se réfugie dans un bled au pied d'une montagne qui ressemble au mont Fuji. En chemin, il a acquis à prix d'or un blouson de daim, avec un caméscope en bonus.

Coincé dans un hôtel, Georges se fait passer pour un cinéaste, tombe sur Denise, une barmaid (Adèle Haenel) aspirante monteuse (elle s'est amusée à remettre «Pulp Fiction» dans l'ordre chronologique, et le résultat «est nul»). Denise visionne les rushs tournés par Georges sans mesurer la portée de ce qui se passe sous ses yeux. Parce que posséder un blouson de daim, c'est commun, mais être possédé par un blouson de daim qui souffle à son propriétaire le rêve d'éliminer tous les autres blousons, jusqu'à ce qu’il n'y en ait qu'un, c'est autrement plus vertigineux.

Linéaire dans son récit, délavé dans ses teintes que traversent des gerbes d'étincelles et de sang, absurde dans son dénouement, «Le daim» joue à merveille de la juxtaposition entre comédie et horreur. On achète!