Tagon Egerton

27 novembre 2018 19:41; Act: 27.11.2018 19:41 Print

«J'avais envie que Robin soit ancré dans la réalité»

par Miguel Cid - Après avoir endossé le costume d'agent secret pour la saga «Kingsman», Taron Egerton enfile celui du célèbre Robin des Bois.

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L'acteur gallois de 29 ans enchaîne les tournages. Il débarque à notre entretien coiffé d'un chapeau pour dissimuler les ravages capillaires causés par «Rocketman», long métrage qu'il vient de terminer, et dans lequel il incarne Elton John.

Combien de films de Robin des Bois avez-vous vus avant d'incarner le personnage?
Le premier a probablement été le film d'animation de Disney avec le renard, puis celui avec Kevin Costner, ensuite «La Rose et la Flèche» avec Sean Connery, et la version de Ridley Scott. Cela dit, je ne les ai pas vus pour me documenter, cela n'aurait pas été utile. Otto (ndlr: Bathurst, le réalisateur) a toujours dit que notre version ne serait pas très Robin des Bois. Et c'est ce qui m'a donné envie d'accepter ce rôle.

Comment envisagiez-vous le personnage?
Je savais que le studio voulait qu'il soit rustre mais aussi plein d'assurance et charmant, comme c'est souvent le cas dans ce type de production. Mais j'’avais envie qu'il soit ancré dans la réalité. Ce gars part combattre aux Croisades, vit une odyssée cauchemardesque, puis rentre à Nottingham et fait quelque chose d'extraordinaire et audacieux. Rentrer du front et recommencer à se battre est bizarre. Je pense qu'il est traumatisé par ce qu'il a vu à la guerre et peine à se réadapter à la vie normale.

Il s'agit aussi d'un rôle très physique. Le tir à l'arc, c'est fun?
Oui, mais ça le devient moins quand tu fais ça deux ou trois heures par jour. J'ai apprécié le défi et pu compter sur un prof génial, Lars Andersen, qui fait sensation sur YouTube. Son style est très particulier et lui permet de tirer plus vite que son ombre. Je crois que son record est de neuf flèches en quatre secondes.

C'est un style qui se prête bien au cinéma.
Le style de combat de Robin est ancré dans la réalité, mais légèrement augmentée. Tu ne regardes pas ça en te disant que c'est ridicule, car tu peux voir ailleurs des vidéos d'un gars qui fait la même chose. J'ai appris les bases rudimentaires de sa méthode pour l'imiter de manière convaincante à l’écran. Le reste de mon entraînement physique est standard pour ce genre de film: chorégraphie de combat, comme pour «Kingsman», et évidemment de la musculation.

Il y a eu pas mal de catastrophes pendant le tournage. Dans quelle mesure vous ont-elles affecté?
On a dû relever de vrais défis, comme lorsque nous avons été obligés de déménager à Paris parce que notre plateau de tournage a brûlé. Et puis, la Hongrie en plein hiver est un environnement très dur et inhospitalier. Je ne vais pas mentir, ce tournage a été un challenge pour moi. Je n'ai jamais été loin de chez moi aussi longtemps. Mais cela ne m'pas empêché de faire mon boulot.

La fin du film laisse à penser qu'il y aura une suite. Avez-vous signé un contrat pour plusieurs volets?
Je suis certain que si le film gagne assez d'argent le studio voudra tourner plusieurs volets. Mais je n'ai pas signé de contrat parce que j'ai déjà fait ça une fois (ndlr: pour «Kingsman», dont le 3e volet sortira en 2019) et je ne sais pas si j'ai envie de recommencer.

De «Robin des Bois» à «Rocketman», c'est le grand saut!
Oui, mon rôle dans «Robin des Bois» est assez conventionnel par rapport au film sur Elton John. Dans «Rocketman», je voulais chanter le mieux possible et présenter une version d'Elton qui lui rende justice, c'est-à-dire me montrer impétueux, imprévisible et un peu lunatique. Il était très important pour moi d'incarner un homme gay et l'’intimité entre hommes de manière convaincante et belle, sans l'édulcorer comme on le fait à Hollywood. Pour y parvenir, il faut voir la beauté des hommes et tu n'’as pas besoin d'être gay pour ça.