«Séduis-moi si tu peux!»

19 juin 2019 06:14; Act: 19.06.2019 06:14 Print

Ce duo improbable fait des étincelles

par Catherine Magnin - Avec «Séduis-moi si tu peux!», Jonathan Levine donne un joyeux coup de pied dans la fourmilière des bienséances.

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Dans le registre du rire, les Américains ont le chic pour manier à la fois le gras, la rose, la guimauve et le piquant. Tout le défi consiste à trouver le juste équilibre. Et, ma foi, «Séduis-moi si tu peux!» y parvient. Côté gros traits mâtinés de vulgarité, voici Fred (Seth Rogen, que Jonathan Levine avait déjà dirigé dans «50/50»), journaliste au chômage, aussi rustaud que grande gueule. Côté belle plante, voilà Charlotte (Charlize Theron), brillante militante écolo qui entend se lancer dans la course à la présidence. Le premier est approché par la seconde, qui fut jadis sa baby-sitter, pour insuffler du pep à ses discours.

La romance qui naît de leur rapprochement est un peu prévisible mais tout de même riche de suspense: la belle si glamour va-t-elle publiquement assumer son penchant pour ce balourd, surtout au moment d'envisager la possibilité qu'il devienne un «Premier monsieur»? Et si c'était l’occasion de jeter un pavé dans la mare du politiquement correct made in USA?

Diablement roboratif

Voilà donc le prétexte de «Séduis-moi si tu peux!». On y trouve de la beuh, de la branlette, des piques contre l'establishment. En sus, le duo entre un Seth Rogen diablement de mauvais goût et une Charlize Theron diablement amusante fonctionne du tonnerre. Le cocktail n'est certes pas ce qu'il y a de plus inédit, mais la manière dont Jonathan Levine agite le tout lui donne un côté Molotov plutôt roboratif.