«The Guilty»

09 octobre 2018 19:49; Act: 09.10.2018 19:49 Print

Il suffit d'un (coup de) fil pour nourrir le suspense

par Catherine Magnin - «The Guilty» tient les spectateurs en haleine avec trois fois rien: un huis clos, un policier et un téléphone.

Une faute?

Un soir qu'il travaille au centre d'appels d'urgence de Copenhague, l'officier Asger Holm (Jakob Cedergren) reçoit celui d'une femme terrorisée, qui laisse entendre qu'elle a été kidnappée. Asger va tout faire pour l'aider, à distance.

Le moins que l'on puisse dire du scénario de «The Guilty», c'est qu’il est habile. Entre quatre murs dont on ne sortira jamais, la caméra collée à l'oreille, aux yeux, aux mains d'Asger, le spectateur encaisse les indices les uns après les autres, subit les mêmes attentes, rebondissements, distractions que lui. Rien de plus. Et même un peu moins, puisque Asger est un mystère. On sait qu'il est en attente de réintégrer la police sur le terrain, ce qui explique sa nervosité et motive sa propension à jouer les Zorros. Mais que lui reproche-t-on? Que se reproche-t-il? Toutes les conjectures sont possibles.

A cette trame s'ajoutent deux ingrédients essentiels: l'interprétation au taquet de Jakob Cedergren, présent du début à la fin du film. Et la bande sonore. Comme on ne voit jamais ce qui se passe à l'autre bout du fil, l'imagination du spectateur est sollicitée au maximum. En une heure et demie, elle va galoper en tous sens à une vitesse sidérante.