«Yves»

24 juillet 2019 06:37; Act: 24.07.2019 06:37 Print

Rappeur contre frigidaire: un duel totalement givré

par Catherine Magnin - Programmé en juillet 2019 au NIFFF, «Yves» arrive comme un vent de fraîcheur sur nos écrans d'été caniculaire.

Une faute?

«Bonjour, je m'appelle Yves, je suis un frigo intelligent.» À l'époque de Siri, Jarvis et autre Cortana, l'entrée en matière ne surprend guère Jérem (William Lebghil). Cet aspirant rappeur qui sample dans sa cave et ­reçoit Yves en test ne retient que deux informations: c'est gratuit, et So (Doria Tillier), la commerciale qui lui explique le concept, est canon. Qu'importe si le congélo, qui s'occupe de passer les commandes, lui impose un régime alimentaire en prétextant que manger sain ne peut que l'aider à rapper mieux. La répartie du ­bidule l'amuse même. Mais quand l'objet se met en tête de court-circuiter ses créations musicales et ses vues sur So, la tension s'installe…

À partir de ce moment-là, le réalisateur Benoît Forgeard pousse jusqu'à leurs extrémités des thèmes comme la dérive émotionnelle d'une machine prétendument intelligente, les réactions ambiguës et déconcertantes des humains face à la dictature d'objets connectés, l'hystérie médiatique qui accompagne l'utopie technologique. Et vous n'avez pas idée des audaces que le scénario va réussir à vous faire accepter. Accrochez-vous, Yves le frigo est chaud bouillant!

Pour tempérer notre enthousiasme, avouons que le film est un tantinet trop long. Il souffre de la même nonchalance parfois irritante de son personnage –humain– principal, manque d'un peu de fantaisie dans sa mise en scène. Il n'empêche qu'au terme de la projection, on assume sans peine notre acte d'achat.