OPERA

07 mars 2011 18:12; Act: 09.03.2011 08:03 Print

«Orphée et Eurydice» à l'honneur

par Emmanuel Coissy - Le chorégraphe suédois Mats Ek propose, jusqu'au 19 mars 2011 au Grand Théâtre de Genève, sa lecture de la célèbre oeuvre de C. W. Gluck.

Des extraits de la production telle qu'elle a été donnée en 2007 à Stockholm.
Une faute?

La venue en Suisse d’une star internationale de la danse contemporaine provoque l’excitation des esthètes locaux. D’autant plus que Mats Ek, 65 ans, met en scène une des tragédies les plus populaires du répertoire lyrique.

Certains pourraient s’étonner de voir un chorégraphe poser son empreinte sur un opéra. La pratique est pourtant courante, surtout pour ce mythe (Pina Bausch en 1975, Trisha Brown en 1998). Ensuite, le style néoclassique voire narratif des chorégraphies du Suédois en font la personne idéale pour raconter l’histoire d’Orphée qui, pourvu de sa lyre, cherche sa défunte épouse, Eurydice, aux Enfers.

«La danse permet des éclairages variés à la tragédie et de nuancer ce qui se passe sur scène; un sentiment sous-entendu dans le texte peut être exprimé par le geste»*, explique le maître qui, par ailleurs, a transformé le héros en un vieillard: «Orphée est un homme qui a fait le deuil de sa bien-aimée.(...) Nous avons essayé d’amener une nouvelle vision du personnage. Il s’agit de produire des émotions fortes: on ne peut retrouver ce qu’on a perdu.»


*Issu d'un entretien réalisé par la dramaturge Katarina Aronsson à Stockholm pour les représentations à l'Opéra royal de Suède en 2007.