Montreux Comedy Festival

30 novembre 2011 06:53; Act: 30.11.2011 07:12 Print

Bérengère Krief vient draguer les Suisses

par Julienne Farine - La comédienne de la série «Bref» est l'une des invitées de Chantal Lauby et Jean-Luc Lemoine pour le gala du 1er décembre 2011. Elle donnera ses cours de répartie anti-relous. Interview.

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La comédienne de 28 ans vit en couple depuis trois ans. (Photo: Jean-Michel G.)

Une faute?

A la télévision, elle est Marla, le plan cul régulier du héros de «Bref». Mais la jeune femme de 28 ans est avant tout une artiste de one-woman-show. Le sien, «Ma mère, mon chat et Dr House», elle le joue depuis 2009 sur les scènes françaises. Le Montreux Comedy Festival offre une belle occasion de découvrir celle qui se décrit comme ayant «le physique de Barbie et la voix de GI Joe».

- On vous connaît surtout pour votre rôle de plan cul régulier. Est-ce difficile à assumer?
C’est vrai que cette connotation de fait sourire les mecs comme s’ils avaient 14 ans. Je suis à la fois humoriste et comédienne et je suis ravie d’avoir un personnage, de pouvoir interpréter d’autres gens. Marla est le plan cul régulier, mais elle a aussi plein de choses rigolotes et sympathiques à donner. Alors ça va, je ne suis pas déçue d’être un plan cul.

- Quelle est la réaction des hommes qui vous croisent dans la rue?
J’ai souvent l’impression qu’ils me reconnaissent, mais le fait que je joue le rôle du plan cul, ça leur coupe le sifflet. Ça me fait rire!

- Avez-vous vécu tous les plans drague lourds dont vous parlez dans votre sketch?
J’ai essayé de m’inspirer de faits réels. Mais il y a aussi des sites internet qui répertorient toutes ces phrases nulles. Des filles m’en envoient également. Un mec qui dit «Hey mademoiselle, votre père serait pas terroriste? Parce que vous êtes une bombe!» ou «Hey mademoiselle, vous avez laissé tomber quelque chose. Mon cœur...» c’est le quotidien de beaucoup de femmes.

- Comment Jérémy, votre chéri, vous a-t-il abordée?
Il l’a très bien fait et sans utiliser de phrases toutes faites. Sinon, je ne serais pas avec lui.

- A-t-il bien réagi en apprenant que vous alliez jouer Marla?
Comme il est super, il n’a rien dit. Il a compris que c’était de la fiction et que ça n’avait pas d’impact sur ma vie personnelle. Si j’avais été à sa place, j’aurais fait la gueule pendant deux semaines. Alors on n’en parle pas, même s’il a vu tous les épisodes dans lesquels j’apparais.

- Évolue-t-il dans le milieu du spectacle?
Pas du tout, ce n’est pas du tout son truc. Il me soutient dans ce que je fais, mais ça reste mon kiff. Il me regarde un peu amusé de me voir faire la folle sur scène. Il est comme ma bouffée d’oxygène parce qu’on a tendance à beaucoup parler de ce qu’on fait quand on est comédien. Je me tais un peu quand je suis avec lui et j’essaie de ne pas trop le saouler avec mes blagues et mes histoires.

- Comment êtes-vous arrivée dans la série «Bref»?
Par le spectacle. Je jouais mon one-woman-show depuis un an et à Paris il y a beaucoup de scènes ouvertes où chacun vient interpréter un sketch. Je me suis pas mal produite dans ces scènes ouvertes et j’ai rencontré plusieurs acteurs de «Bref» par ce biais, dont Kyan Khojandi et Bruno Muschio. Ils m’ont appelée cet été pour interpréter le rôle de Marla et j’ai accepté tout de suite. Je n’ai pas fait de castings. C’est un peu magique (elle rit).

- Vous attendiez-vous à un tel succès?
Non. J’avais vu le pilote et j’avais trouvé ça très bien. J’admirais Kyan et Bruno professionnellement, donc j’étais contente de faire partie de leur projet. Et «Le grand journal» donne une certaine visibilité, je me suis dit que des gens allaient voir la série. Mais c’est la fulgurance et l’efficacité immédiate auxquelles on ne s’attendait pas. On a vu plein de séries venir, mais qui ont mis du temps avant qu’on s’habitue aux personnages. Finalement, c’est la première série que je connais qui a démarré aussi fort.

- La série vous a-t-elle ouvert des portes?
Effectivement, ça donne une crédibilité. Il y a un côté stylé d’être dans «Bref». Les professionnels s’interrogent sur le succès, donc c’est un bon point de faire partie de l’aventure. Après, c’est un processus très long. Je ne suis pas tout le temps à l’antenne. J’ai eu des propositions, mais ça reste vivable (elle rit). Ma boîte aux lettres n’est pas encore obstruée, les gens peuvent encore envoyer des scénarios.. C’est une belle vitrine.

- Vous venez du théâtre, le cinéma vous tente?
On nous demande tout le temps si on préfère le théâtre ou le cinéma. Pour l’instant je préfère le théâtre parce que c’est quand même plus accessible au départ, mais je serais ravie de faire du cinéma. J’aurai toujours besoin d’être confrontée à un public, d’avoir des réactions directes et d’avoir le trac avec lequel je vis depuis plusieurs années. Je suis vraiment accrochée au théâtre, mais l’exercice du cinéma me plaît, j’aime de plus en plus tourner.

- L’humour a-t-il toujours été présent dans votre vie?
Oui. Quand j’étais plus jeune je faisais du théâtre dans un groupe à côté de chez moi et chaque année on faisait un spectacle plutôt marrant. Et un jour les filles du groupe ont voulu monter quelque chose de dramatique pour changer. On avait choisi «La maison de Bernarda Alba» et chacune faisait un essai pour savoir quel rôle allait jouer. De toute ma sincérité et toute la dimension dramatique que j’avais pu réunir, j’ai tenté le rôle d’une sœur éplorée. Mais la prof a ri et m’a dit de laisser tomber, qu’on me trouverait autre chose. Et finalement j’ai eu le rôle de la grand-mère folle qui parle à un mouton.

- Quand est venue l’envie de faire du one-woman-show?
J’ai découvert très tôt l’univers du one via Elie Kakou. C’était le premier artiste de one-man-show que j’avais vu, sur une cassette vidéo chez des cousins. Je trouvais ça génial, je l’imitais toute la journée. Ensuite il y a eu Elie et Dieudonné, Eric et Ramzy. J’étais tout le temps au taquet sur les nouveaux talents. Ça m’a toujours attirée. Ensuite, entre l’envie de faire du one-woman-show et le faire vraiment, ça a été un pas plus difficile que je pensais. On est tout seul, il faut écrire et je ne suis pas tellement auteur à la base. Du coup, c’était un peu compliqué. Un matin je me suis dit que c’était le moment. Je travaillais dans un café-théâtre donc j’étais au cœur de l’action. Je leur ai demandé une date et tout s’est enchaîné.

- Être jolie, ça doit aider pour percer.
Je ne vais pas dire le contraire. D’une manière générale pour éviter un PV ou demander quelque chose, j’ai l’impression que ça peut aider. Mais je crois que dans l’humour aujourd’hui il y a un renouveau. Avant, on avait des humoristes «moches» ou qui se rendaient moches pour être marrantes.

- A qui pensez-vous?
Valérie Lemercier. Je trouve que c’est une très belle femme, mais à une époque elle s’est vraiment mochisée pour être marrante. Aujourd’hui, on peut être jolie et marrante. On n’est pas obligé d’avoir un costume immonde et de s’enlaidir pour être rigolo.

- Ca décrédibilisait d’être jolie selon vous?
Souvent, oui. Adriana Karembeu elle est très belle, mais je ne sais pas si elle peut vraiment nous faire rire. Au-delà d’un physique, je crois que c’est une vocation. Je m’entraîne depuis très longtemps. Être drôle c’est un état d’esprit. Mais j’aime bien être jolie, me maquiller, porter des robes. Je ne sais pas si ça joue beaucoup dans mon spectacle.

- Vous serez à Montreux le 1er décembre, connaissiez-vous la Suisse?
Pas du tout. Je suis très contente de venir et je suis ravie d’être au festival de Montreux parce que je l’ai vu à la télévision. Certains de mes copains l’ont fait et je les regardais depuis mon salon. Je suis super flattée d’avoir été invitée. Du coup, je vais découvrir votre pays. Je ne connais que les Ricola.

- Vous allez pouvoir découvrir les plan drague des Suisses.
Oui, je vais me balader dans les rues pour voir comment ils font. Et je pourrai écrire un cours de répartie anti-relous spécial drague en Suisse.

LE PROGRAMME DU FESTIVAL
Jeudi 1er décembre 2011

Comedy Club
Montreux, Niv. B4 du 2M2C, 19h. Entrée libre.
Noman Hosni, Ludovic Dreyfuss, Waly Dia, Laurence Joseph.
Gala d’ouverture
Montreux, Stravinski, 20h15. Prix: 70 fr.
Présenté par: Chantal Lauby & Jean-Luc Lemoine. Avec: Arnaud Ducret, Baptiste Lecaplain, Bérengère Krief, Christophe Guybet, Jean-Philippe Visini, Julie Victor, Laurent Nicolet, Olivier de Benoist, Pierre Palmade, Samir Alic, Thomas VDB, Willy Rovelli.


Vendredi 2 décembre 2011
Noman Hosni - «Sortez de ma tête»

Vevey, Théâtre de Poche, 19h. Complet.
«La délicatesse»
Montreux, Cinéma Hollywood. 20h45.


Samedi 3 décembre 2011
Arnaud Tsamere - «Chose promise»

Vevey, Théâtre de Poche, 18h. Complet.
Comedy Club
Montreux, Niv. B4 du 2M2C, 19h. Entrée libre.
Noman Hosni, Farid Chamekh, Laurence Joseph, Sébastien Toustou.
Gala du samedi
Montreux, Stravinski, 20h15. Prix: 70 fr.
Présenté par : Chevaliers du Fiel. Avec: Arnaud Tsamere, Ben, Caroline Vigneaux, Claudia Tagbo, Laurent Deshusses, Nathanaël Rochat, Olivier de Benoist, Régis Mailhot, Shirley Souagnon, Stéphane Bak, Tano, Yves Pujol.
The American Dream
Montreux, Niv. B4 du 2M2C, 20h30. Entrée libre.


Dimanche 4 décembre 2011
«Au pays des têtes à claques»
Vevey, Cinéma Rex, 11h.
Chris Esquerre
Vevey, Théâtre de Poche. 15h. Prix: 30 fr.
Olivier De Benoist - «Très, très haut débit»
Vevey, Théâtre de Vevey, 17h30. Prix: 55 fr.
Impro d’Poche
Montreux, Niv. B4 du 2M2C, 19h. Entrée libre.


Lundi 5 décembre 2011
Comedy Club

Montreux, Niv. B4 du 2M2C, 19h. Entrée libre.
Noman Hosni, Clara Bijl, Sébastien Toustou, Grégory Lukac.
Gala de clôture
Montreux, Stravinski, 20h15. Complet.
Présenté par: Eric Antoine. Avec: Arnaud Tsamere, Baptiste Lecaplain, Chevaliers du Fiel, Comte de Bouderbala, François Rollin, Guy Carlier, Jérôme Daran, Noman Hosni, Olivier de Benoist, Redouanne Harjane, Titoff, Véronic Dicaire.


Montreux Comedy Festival
Du 1er au 5 décembre 2011 à Montreux et Vevey. Billeterie: Fnac. Informations et programmation complète sur: www.montreuxcomedy.ch