THEATRE

04 février 2011 16:01; Act: 07.02.2011 15:57 Print

L’honneur retrouvé de Katharina

par Stéphanie Billeter - Avec Katharina, la Comédie de Genève nous interroge, jusqu’au 13 février 2011, sur le rôle de l’artiste et celui de la presse.

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La comédienne Céline Bolomey campe une Katharina Blum aux prises avec la presse. (Photo: H. Tobler)

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La pièce, qui raconte comment Katharina Blum est interrogée par la police après avoir passé la nuit avec un homme supposé terroriste, navigue entre cette année 1974 (l’Allemagne aux prises avec la Bande à Baader) et notre présent dominé par les affres créatrices de l’auteur. «Celui qui s’immole est un révolutionnaire!» s’exclame-t-il. A l’heure ou le Maghreb s’embrase, le dramaturge genevois Jérôme Richer livre ici une belle leçon de résistance. En relisant le texte d’Neinrich Böll, «L’honneur perdu de Katharina Blum» (dont Volker Schlondorf avait tiré un film mémorable), Richer pose une question perturbante: sommes-nous acteur ou spectateur des événements qui nous entourent?

Sur scène, les acteurs dirigés par Anne Bisang demeurent aussi imperturbables que le décor est carré et les costumes uniformes. On aime le mélange de ton, de temps et le centre de la scène qui image l’appartement de Katharina par un cube sous verre. On aime aussi la critique vis-à-vis de la presse, représentée par un journaliste vedette de l’empire Springer. Jusqu’ou peut-on aller pour vendre son titre? Jusqu’à déshonorer une victime?

Richer veut abattre le système, et le faire à la Comédie dans la dernière mise en scène d’Anne Bisang est tout a son honneur.