24 Heures du Mans

13 juin 2011 14:45; Act: 13.06.2011 14:53 Print

La course «parfaite» de Marcel Fässler

Au lendemain de sa victoire aux 24 Heures du Mans, le Schwytzois Marcel Fässler est revenu sur son succès historique, le premier d'un Suisse dans cette épreuve mythique. Interview.

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Comment se sent-on dans la peau d'un vainqueur du Mans?

C'est génial. J'ai toutefois encore de la peine à réaliser ce que j'ai accompli. Je sais seulement que j'ai atteint un de mes buts, un objectif sur lequel je travaillais depuis des années.

Etes-vous tout de même conscient d'être entré dans l'histoire du sport automobile?

Je suis naturellement très fier d'être devenu le premier Suisse à gagner aux Mans. Cette course fait rêver tous les pilotes. C'est aussi une sensation particulière de briller dans une discipline dans laquelle des légendes comme Joe Siffert (réd: ex pilote fribourgeois d'endurance et de F1, mais jamais titré au Mans) se sont illustrées. Toutefois, je ne voulais pas cette victoire pour entrer dans les annales, mais pour moi-même.

Quelle a été la clef de votre succès?

Nous avons toujours cru en nous. Et dès le départ, nous n'avons cessé de nous pousser les uns les autres. Chaque pilote a fait un super job. Je peux même dire que notre parcours n'a pas été entaché d'une seule faute. Le travail dans les box s'est également déroulé sans accrocs. Cela a été une course parfaite. Toutes les trois heures, nous nous sommes relayés au volant, avec d'abord Ben (Benoît Tréluyer), puis moi, puis Andre (Lotterer). Cela a bien fonctionné.

Vous avez vécu les derniers tours dans le box de votre équipe. Qu'avez-vous ressenti?

Cela a été les heures les plus longues de ma vie. C'était crispant, largement pire que quand je m'assieds moi-même dans la voiture.

Les deux autres Audi ont été accidentées pendant la course. Cela vous a-t-il influencé?

Pas beaucoup. Nous sommes restés concentrés sur notre mission. Cela nous a cependant fait du bien d'apprendre qu'Allan (McNish) et Mike (Rockenfeller) n'avaient pas été grièvement blessés. Il est toujours très difficile de vivre dans l'incertitude entre le moment de l'accident et les premières nouvelles médicales.

Etes-vous parvenu à dormir pendant vos pauses?

Normalement, je m'endors facilement. Mais j'ai eu beaucoup plus de peine ce week-end. J'étais trop excité. Le bruit autour du circuit posait aussi problème.

Y a-t-il justement une préparation spéciale à suivre pour gagner au Mans?

La semaine avant la course est très exigeante. On s'habitue peu à peu à moins dormir. Une préparation spécifique est également mise en place dès l'hiver. Dans de telles épreuves, il est primordial d'être capable de récupérer rapidement après un relais.

Vous être pilote d'usine chez Audi depuis deux ans. Comment envisagez-vous la suite?

Je suis lié à long terme avec Audi. Il est donc prévu que je reste chez ce constructeur ces prochaines années.

(ats)