F1 - Rallye Ronde di Andora

06 février 2011 13:05; Act: 06.02.2011 21:39 Print

Robert Kubica gravement blessé

Le Polonais Robert Kubica (Lotus Renault) s'est gravement blessé, notamment à une main, au rallye Ronde di Andora près de Gênes (It).

Une faute?

Le Polonais Robert Kubica, qui souffre de «multiples fractures» consécutives à une sortie de route dimanche lors d'un petit rallye en Italie, ne devrait pas disputer les premiers Grands Prix de la saison de Formule 1. Il s'agit d'un énorme coup dur pour son écurie Lotus Renault.

Kubica (26 ans), opéré dimanche après-midi à l'hôpital Santa Corona de Pietra Ligure, au sud de Gênes, est blessé au bras, à la jambe et à la main droite, selon Lotus Renault. La blessure à la main droite pose particulièrement problème, selon son manager, Daniele Morelli.

Main droite atteinte

«Les chirurgiens cherchent à rétablir la fonctionnalité de sa main droite. Ils l'ont déjà revascularisée et réduit les fractures et doivent maintenant penser aux fonctions musculaires», a révélé Morelli, pour qui «Robert a un fort tempérament et ça ira».

«Sa main est amochée. Mais a priori ce n'est pas irrécupérable», a confirmé à l'AFP Eric Boullier, le directeur de Lotus Renault, une écurie «évidemment choquée». «C'est quelqu'un qu'on aime beaucoup. C'est extrêmement triste», a-t-il commenté.

Pronostic «réservé»

Pour les chirurgiens qui l'ont opéré, le pronostic reste «réservé», et ils ne se prononcent pas non plus sur la possibilité pour Kubica de retrouver la fonctionnalité de sa main droite.

L'accident est survenu à 08h30 4,6 km après le départ d'une des dernières épreuves spéciales chronométrées de, au volant de sa Skoda Fabia S2000 de l'équipe DP Motorsport. Kubica a percuté un rail de sécurité puis contre le mur d'une petite église.

Pas une première

Une racine d'arbre ayant surélevé la chaussée glissante serait à l'origine de l'accident, selon l'agence italienne Ansa. La Skoda du Polonais, perdant de l'adhérence, serait partie en tête-à-queue, pour s'encastrer dans le rail de sécurité côté gauche. Son copilote, Jakub Gerber, placé à droite, est indemne.

«Ce n'est qu'au moment de l'impact que j'ai vu que Robert tenait son bras et après quelques instants, il a perdu connaissance» a-t-il précisé.

Robert Kubica n'en est pas à son premier accident. La cellule de survie de sa BMW Sauber l'avait sauvé lors du GP du Canada 2007. Le Polonais, qui s'était fracassé à près de 250 km/h contre un mur en béton, n'avait souffert que d'une commotion cérébrale et d'une entorse. Il n'avait manqué qu'une course avant de reprendre son volant.

Les délais risquent d'être plus longs cette fois-ci. Il a «peu de chances» de disputer le début de saison, a acquiescé Eric Boullier.

Scénario catastrophe

Sa non-participation au GP d'ouverture de Bahreïn, le 13 mars, paraît d'ores et déjà acquise. Et on voit mal comment, souffrant de telles blessures, il pourrait être rétabli pour l'Australie (27 mars), la Malaisie (10 avril) ou la Chine (17 avril). Voire au-delà...

Un scénario qui serait catastrophique pour Lotus Renault, une écurie très ambitieuse pour 2011, dont le Polonais est l'atout numéro 1. Il avait brillé en 2010, saison qu'il avait terminée à la huitième place avec 136 points et trois podiums à son actif.

A l'inverse, son coéquipier russe Vitaly Petrov, aussi impétueux qu'inconstant, n'avait marqué que 27 points, finissant 13e du général.

Deux autres pilotes

Lotus Renault dispose bien de deux «troisième pilote», en la personne du Brésilien Bruno Senna et du Franco-Suisse Romain Grosjean. Mais même si le neveu d'Ayrton, plus expérimenté, semble mieux parti pour succéder à Kubica, il est «un peu indécent et trop tôt pour y réfléchir», a tranché Boullier.

Reste à comprendre pourquoi l'écurie de F1 a laissé sa star prendre des risques en rallye, l'an passé sur Renault, cette année sur Skoda, à quelques semaines seulement du début de la saison de formule 1.

«Il n'y a jamais eu de logique d'entreprise. On l'a laissé faire parce que ça lui tenait à coeur, a affirmé Eric Boullier. Le rallye, c'est vital pour Robert. C'est un équilibre pour lui. A partir de là, c'est un commun accord. On connaissait les risques. Lui aussi.»


(ats)