Volleyball

06 décembre 2018 10:59; Act: 06.12.2018 11:30 Print

«Comme si on jouait contre le Barça ou le Real»

par Robin Carrel, Trento - Massimiliano Giaccardi affronte son mentor Angelo Lorenzetti, jeudi soir, avec le LUC contre Trentino en 16e de CEV Cup. Un match pas comme les autres.

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Les Lausannois n'auront rien à perdre. (Photo: Keystone)

Une faute?

Des fois, il y a des matches qui sont perdus d'avance, mais qui peuvent aider une équipe à grandir. C'est ce qui attend le Lausanne Université Club dans le Trentin italien, jeudi soir, et le coach des Vaudois, Massimiliano Giaccardi, ne se fait pas beaucoup d'illusions. Mais il espère que son équipe profitera de l'expérience pour passer un palier et revenir plus fort en LNA. Interview d'un entraîneur toujours en mode pile électrique.

Ça fait quoi de jouer dans une telle salle?

C'est sympa Je suis très heureux. Spécialement pour mes joueurs. Moi, j'ai déjà été là, quand j'étais assistant-coach en Italie. Je connaissais l'endroit, même s'il a un peu changé depuis et, entre-temps, je suis devenu entraîneur en chef. Une salle reste une salle J'ai rencontré mes joueurs avant et je leur ai dit qu'ils méritaient de jouer ce match contre cette équipe, dans cet écrin. Jeudi soir, on fera tout ce qu'il en coûte pour essayer de leur donner du fil à retordre.

Ce sera quoi le but?

Essayer de les mettre en difficulté Essayer d'obliger leur coach Lorenzetti à prendre un ou deux temps-morts de temps en temps. Des choses comme ça (rires). Je veux surtout que mes gars prennent du plaisir. Pour certains, ce sera peut-être la seule opportunité de jouer un tel match! On ne sait jamais. J'aimerais qu'ils en jouent encore plein, hein. Mais je suis déjà content qu'on ait pu être ici.

Il y a aussi un match important samedi contre Näfels. Peut-être encore plus important que contre Trentino jeudi. Qu'est-ce que vous pouvez prendre de ce match de Coupe d'Europe pour la partie face aux Glaronais, 45 heures plus tard?

Pour moi, il n'y a jamais un match qui est au-dessus d'un autre. Pour l'heure, le plus important, c'est celui de jeudi soir. Après, le plus important sera celui que nous disputerons samedi. Pour le moment, je ne pense pas du tout à Näfels. Mais il est clair que des rencontres comme celles-là peuvent nous aider à monter en niveau. On doit y être plus précis, un peu plus forts, on doit être meilleurs dans à peu près tous les domaines pour espérer les challenger.

Donc ce genre de matches peut aider pour la suite.

Oui! Parce qu'ensuite, si tu arrives à rester aux mêmes standards quand tu reviens en Ligue nationale A, tu bénéficies clairement de ça pendant les matches.

Il faut savoir apprécier ces matches, on est d'accord. Mais ce n'est pas un peu un piège, justement? Regarder ce qu'il se passe autour, les tribunes...

Non, non! Pour moi, apprécier veut dire faire du mieux que tu peux. Si je fais quelque chose et que je ne suis pas à 100%, je n'y prends pas de plaisir. Mes joueurs le savent et je suis sûr qu'ils seront à fond. C'est la seule manière à travers laquelle on va prendre du bon temps jeudi soir. Si on vient juste ici pour voir ce qu'il s'y passe, en 50 minutes on sera à la maison. On n'aura aucune chance!

Si vous deviez comparer ce défi à d'autres sports, vous penseriez à quoi?

C'est à vous de me le dire (rires)! Parce qu'ils sont quand même champions du monde C'est la meilleure équipe contre laquelle on peut jouer à ce sport. De par leurs résultats et de par le niveau qu'ils ont démontré le week-end dernier au championnat du monde des clubs. Je dirais que c'est comme si on jouait contre le Barça ou le Real Madrid au foot. Un truc comme ça.

Ne serait-ce pas le bon moment pour les jouer?

Je ne pense pas. C'est peut-être le bon moment, mais de toute façon pas la bonne équipe à défier. Là, ils sont en pleine confiance. Même s'ils sont un petit peu fatigués, même s'ils ont fêté ça, même s'ils ont quelques pépins physiques, ils vont passer au-dessus de tout ça juste parce qu'ils gagnent.

Et vous, pour votre expérience de coach, qu'est-ce que vous pouvez emmagasiner comme expérience lors d'un tel défi?

Je peux déjà voir si mon équipe a des limites. Parce que quand vous affrontez des équipes très fortes, vos faiblesses finissent par vous sauter aux yeux. Pour moi, il est important qu'on fasse bien notre travail et voir ce qu'il se passe demain soir afin de trouver dans quel domaine on doit encore progresser.

Venir faire ce match était un des objectifs du LUC cette saison. Vous êtes donc un coach heureux?

Oui, tous les jours. Je fais ce que j'aime et ce que j'ai décidé de faire. Je dis souvent à mes gars: si je souris et je rigole tout le temps, c'est parce que le coaching est le meilleur gagne-pain pour moi. J'ai eu un travail normal plus jeune, donc je sais ce que ça veut dire et je me battrai comme un fou pour pouvoir faire ce que j'aime toute ma vie.

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