Abandon de Dominique Wavre

19 décembre 2008 09:55; Act: 19.12.2008 11:06 Print

«La scoumoune règne sur ce Vendée Globe»

par Catherine Muller - En difficulté dans l'océan Indien après être reparti hors course des Kerguelen, le Genevois Dominique Wavre a accordé une interview à 20 minutes online depuis «Temenos 2».

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Contraint vendredi dernier à l'abandon sur avarie de quille dans le Vendée Globe, Dominique Wavre s'était réfugié dans la grande Kerguelen, à Port-aux Français, pour réparer «Temenos 2». Une fois reparti, la pièce d'acier placée pour immobiliser la tête de quille n'a malheureusement pas tenu, rendant les conditions très difficiles. Joint à bord jeudi en fin de journée, le Genevois raconte son périple.

- Dominique Wavre, quelles sont les conditions actuellement à bord de Temenos 2?
-La nuit commence à tomber, le vent souffle à 30 noeuds, et je dois faire face à des creux de 6 mètres. Le bateau est sous voilure réduite, mais fait malgré tout bonne route.

- Comment vous sentez-vous, physiquement et psychiquement?
-Physiquement, la forme, ça va. Par contre, psychiquement, je suis un peu sous stress, je dois être en permanence attentif. Le bateau n'est quand même pas sûr à 100%.

- Comment vont se dérouler les prochaines heures?
- Actuellement, j'essaie de remonter vers le nord aussi vite que possible, pour sortir de la zone perturbée et me rapprocher d'un anticyclone, pour trouver des conditions plus clémentes. Normalement, ça devrait être le cas dès demain (ndlr: vendredi). Une fois arrivé en zone calme, je bifurquerai alors vers l'est, en direction de l'Australie.

- Et quand pensez-vous arriver en Australie, si tout va bien?
- Dans une dizaine de jours, environ.

- Depuis votre abandon, vendredi dernier, comment gérez-vous la situation, avec quel état d'esprit?
- J'ai bien sûr été très déçu de devoir abandonner, sur casse mécanique. Ça a été difficile à accepter, d'autant plus que j'ai eu peur, sur le moment, de chavirer. Après, ça a été assez délicat de ramener le bateau en une pièce aux Kerguelen. C'est vraiment dommage, car j'étais bien dans le rythme. Maintenant, mon seul souci, c'est d'arriver à sauver mon bateau en l'amenant en Australie.

- Par sécurité, vous avez déjà enfilé votre combinaison de survie...
- C'est une sécurité relative, tant que le bateau va bien et qu'il n'y a pas de rentrée d'eau. La combinaison me serait utile si je devais quitter le bateau. Les premiers cargos sont à plusieurs jours de mer, il faudrait donc que je patiente de longues heures dans une eau à 5-6 degrés. Mais, pour l'instant, les choses se passent bien!

- Vous n'êtes pas le seul à avoir dû abandonner sur ce Vendée Globe. On parle même d'hécatombe...
-Je pense qu'il s'agit avant tout de malchance, avec beaucoup de casses mécaniques. Or, les bateaux étaient bien préparés. Il y a donc une certaine scoumoune qui règne sur cette édition du Vendée Globe!