Ski alpin

09 février 2019 16:21; Act: 09.02.2019 16:40 Print

Aksel Lund Svindal, l'indestructible Viking

Véritable légende vivante, le Norvégien a disputé sa dernière course d'une carrière phénoménale. Portrait.

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Deuxième de la descente des Mondiaux d'Åre, Aksel Lund Svindal quitte le Cirque blanc par la grande porte. (Photo: Keystone)

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Le Norvégien Aksel Lund Svindal, gladiateur de la trempe de ses compatriotes Kjetil Andre Aamodt ou Lasse Kjus, qui a pris sa retraite samedi, a côtoyé toute sa vie les plus grandes douleurs et les plus belles victoires. Usé par plus de 17 années au plus haut niveau, le spécialiste de vitesse, double champion olympique, s'est retiré après la descente des Mondiaux d'Åre (Suède) ce samedi, son dernier défi qu'il a failli transformer en triomphe - il a terminé deuxième, à deux centièmes de Kjetil Jansrud.

La vie a préparé tôt Svindal à affronter la plus dangereuse des descentes, avec l'absence définitive de sa mère, morte en mettant au monde le petit frère d'Aksel qui ne vivra qu'un an. Gamin, Aksel a d'abord promené sa tristesse, l'âme meurtrie. Pour que le souvenir reste bien ancré, Aksel ajoutera au patronyme paternel (Svindal) celui de sa mère (Lund). Franz Gamper, le technicien italien qui fit pousser jusqu'au sommet les «Attacking Vikings» de la vitesse, l'équipe norvégienne, a vu dans cet épisode tragique les racines du détachement serein qui caractérise Svindal.

«Élève» de Aamodt et Kjus

Glisser sur les collines de la banlieue d'Oslo fut une heureuse diversion pour l'adolescent, sous les ordres d'un père qui, en professeur de ski, décela des dons. C'est à Geilo, localité blottie entre la capitale et Bergen, sur la côte ouest où ses grands-parents paternels possédaient un chalet, que l'adolescent fit ses gammes. Et trouva sa voie. «A l'époque, (Kjetil Andre) Aamodt et (Lasse) Kjus rivalisaient avec la puissante Autriche. Ils étaient la fierté du pays, même si le ski de fond est le sport le plus populaire en Norvège», se souvient Svindal, colosse (1,95 m, environ 100 kg) et beau gosse aux yeux verts.

Son destin était signé: il fut pendant deux saisons l'élève studieux des deux champions au sein d'une équipe à l'effectif réduit mais d'exquise qualité. Aamodt et Kjus ont laissé en héritage la bagatelle de 36 médailles mondiales et olympiques. Svindal a garni son escarcelle de cinq médailles d'or mondiales (dont deux en descente, 2007 et 2013) et deux titres olympiques, le seul skieur de l'histoire à avoir été champion dans les deux disciplines de vitesse (super-G en 2010, descente en 2018).

Comme ses illustres prédécesseurs, Svindal a brillé dans les disciplines techniques avant de succomber à l'attraction de la vitesse, synonyme de danger. Sa carrière est ponctuée, comme une parabole, de blessures graves et de retours prodigieux.

Fractures, entaille, ligaments

Le 27 novembre 2007, lors du 1er entraînement de la descente de Beaver Creek (Etats-Unis), il retombe sur le dos à la réception d'un saut. Blessé au visage - fractures du nez et de la pommette droite - il subit aussi une profonde entaille au niveau de la fesse gauche, tout près de l'artère fémorale, provoquée par la carre d'un ski tranchante comme une lame. «Le plus dur fut en janvier (2008), quand vous passez vos journées au lit au lieu d'être en plein air», se souvient le double vainqueur du classement général de la Coupe du monde (2007 et 2009).

Mais l'homme a du cran. Un an après le crash, c'est à Beaver Creek que Svindal signa sa renaissance avec un doublé descente/super-G, prémisse d'un second gros globe. Le courtois Svindal est revenu à la vie une deuxième fois fin 2017, près de deux ans après la rupture d'un ligament sur la «Streif». Cette même piste qu'il a refusé d'affronter il y a deux semaines, la jugeant en 2019 «plus forte que la version 2019 de (lui)-même». Cette piste encore qu'il n'aura jamais domptée en descente, malgré ses 36 victoires en Coupe du monde, d'où il a annoncé la très prochaine fin de sa carrière. La fin du périple d'un Viking.

Résultats/Classements

(nxp/afp)

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Les commentaires les plus populaires

  • jules d le 09.02.2019 17:31 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    merci champion!!

    bravo champion! tu vas laisser un sacré vide

  • Narcisse le 09.02.2019 18:04 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Bravo

    Mis à part Cuche....aucun suisse romand (Valais pas compris )ne peut se targuer d'un tel succès

  • kib le 10.02.2019 11:34 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Top !

    Svindal ? simplement la grande classe , quand on aura un Suisse de cette trempe le Cervin sera a Geneve ... Bravo mec !

Les derniers commentaires

  • kib le 10.02.2019 11:34 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Top !

    Svindal ? simplement la grande classe , quand on aura un Suisse de cette trempe le Cervin sera a Geneve ... Bravo mec !

  • Peter le 09.02.2019 18:09 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Suisse allemand étranger

    Quand cet athlète de légende passe à l'interview, il parle anglais....parfaitement et non ce stupide language gutturale qu'est le Suisse allemand! J'étais très heureux de la victoire norvégienne aujourd'hui Feuz est un étranger en suisse romande

    • Cc le 10.02.2019 08:17 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Peter

      Non mais !!!!!

    • Jonjon le 10.02.2019 09:10 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Peter

      Si on entend les skieurs romands parler en allemand, il le parle comme des vaches espagnoles. Le plus important est de pouvoir s'exprimer dans une autre langue, pas l'accent que l'on a. Mais cette réaction est typique de celles romands. Toujours critiquer les suisses-allemands qui parlent le français.... dommage car on est une nation du ski et de beaucoup d'autres choses et on doit être fier de cela. Il faut arrêter avec ces clivages francophones/germanophones....

    • Pierre le 10.02.2019 09:11 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Peter

      Svindal est un grand champion, tout comme Feuz! Jusqu'à preuve du contraire l'anglais n'est pas une langue "officielle" en Suisse, ni plus en Suisse Romande. Et puis Peter, c'est bien Suisse allemand ça comme prénom...

  • Narcisse le 09.02.2019 18:04 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Bravo

    Mis à part Cuche....aucun suisse romand (Valais pas compris )ne peut se targuer d'un tel succès

  • jules d le 09.02.2019 17:31 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    merci champion!!

    bravo champion! tu vas laisser un sacré vide

    • ...... le 10.02.2019 19:29 Report dénoncer ce commentaire

      Benêt

      Contrairement à picsou et ses spaghettis à vie...