Genève

08 novembre 2018 07:00; Act: 08.11.2018 18:34 Print

Dérapage d’un basketteur suspendu à vie puis gracié

par Jérôme Faas - Jan Sainte-Rose avait frappé un arbitre en 2011. Il a refait parler de lui la semaine passée. Le milieu sportif s’offusque.

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Jan Sainte-Rose (au centre) lors du "craquage" qui lui avait valu une exclusion à vie. Mercredi 31 octobre, il était sur le terrain lors du 16e de finale de coupe suisse disputé entre Saint-Jean et Boncourt, achevé sur le score de 60 à 113. (Photo: Güttinger)

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En football, l’incident serait passé inaperçu. En basket, ce joueur exclu d’un match mercredi 31 octobre qui shoote dans une chaise, refuse de quitter le terrain et toise les arbitres du haut de son double mètre a été très remarqué. Ce d’autant plus que le pivot de Saint-Jean (2e ligue) qui affrontait Boncourt (ligue A) en coupe suisse est connu: en 2011, après avoir frappé un arbitre, Jan Sainte-Rose avait été suspendu à vie - un cas unique dans le basket suisse.

Les arbitres avaient dit non

Il refoule les parquets car la fédération suisse (FSBA) l’a gracié en 2017 - contre l’avis des arbitres: «quelqu’un qui a tapé un arbitre ne peut pas rejouer», juge leur patron Sébastien Clivaz. Président de la FSBA, Giancarlo Sergi justifie. «Il nous a écrit en 2017, soutenu par son club. Il avait changé, il était papa. Il était suspendu mais ce n’était pas non plus un hooligan qui avait tué quelqu’un. L’exclusion à vie, la seule jamais prononcée, ça nous a semblé un peu fort. La condition était qu’il se tienne à carreau. Ce qui s’est passé est très regrettable.»

«Si c'était la première fois, mais là...»

Le cas va être étudié par la fédération (lire encadré). A Genève, le président de l’association (ACGBA) Carmelo Laganà, qui avait préavisé favorablement la grâce, prône l'exemplarité. «A l’époque, j’avais stipulé que le comité cantonal de l'ACGBA souhaitait que l’on n'entende plus parler de ce joueur pour un comportement anti-sportif. Si c’était la première fois, mais là... Il faut en tirer les conséquences. J’attends de la fédération qu’elle prononce une sanction à la hauteur des antécédents.»

«Ne pas banaliser»

Président de Saint-Jean Basket, Greg McCauley différencie les événements de 2011 et ceux survenus la semaine passée. Il juge néanmoins que son joueur, «qui s’est laissé déborder par ses émotions», a adopté une attitude «inadmissible et dommageable pour l’image du club, du basket et de la sienne. Ce n’est pas un exemple et on ne doit pas banaliser cela.» Outre les sanctions de la fédération, «le club se réserve le droit» d’en prendre lui aussi. «En l'état actuel, j’imagine mal qu’il puisse rejouer avant la fin de la saison. Il en va d’une question de crédibilité vis-à-vis des nos jeunes, à qui l’on interdit ce type de comportement.»

Jan Sainte-Rose, lui, n’a pas souhaité s’exprimer.

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