JOJ

20 janvier 2020 22:22; Act: 20.01.2020 22:25 Print

Des pionniers pour lancer des vocations

par Robin Carrel, Prilly - Alexia Turunen et Thibault Métraux ont été les premiers suisses à participer à une compétition olympique de patinage de vitesse.

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Le Suisse (à droite) à la bagarre lors du 1000 m de samedi dernier. (Photo: Keystone)

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Pour la Valdo-Valaisanne de 15 ans et le Vaudois de 18 ans, ç'a été un peu «quatre petits tours» et puis s'en vont, lundi, à Malley 2.0. Mais malgré leur élimination précoce, les deux Romands ont tout de même écrit un petit bout d'histoire du sport suisse lors de ces JOJ, en devenant les premiers de leur pays à participer à une compétition olympique de patinage de vitesse sur piste courte, sur 1000 mètres samedi dernier et 500 mètres lundi. Il n'y avait rien à faire, sur la glace, contre des adversaires venus de pays où la culture du short-track est toute autre. Mais le vrai combat est sans doute ailleurs.

Alexia Turunen et Thibault Métraux ont tous deux terminé quatrièmes de leur série et ont manqué assez largement la qualification. Ils n'étaient toutefois pas mécontents de leur performance respective contre le chronomètre. «Je n'ai pas amélioré mon record, qui est de 49''8, mais avec 50''2 je suis vraiment contente. Pour une première fois à ce niveau, c'est une super expérience et ça me motive pour continuer», a glissé la première. «C'était particulier. Il y avait un petit truc en plus aujourd'hui, avec beaucoup de bruits! Mais je ne l'ai pas ressenti comme de la pression, a analysé le second. Mine de rien, j'ai quand même réussi une belle performance. Je suis à un dixième de mon meilleur temps.»

Susciter des vocations

Devant un parterre de plusieurs milliers de jeunes écoliers, les deux Suisses en lice avaient aussi une mission non officielle: susciter des vocations. Leur pays ne compte certes que trois clubs - à Zurich, Schaffhouse et Lausanne - mais il y est possible de progresser rapidement dans de bonnes conditions. Pour autant que le jeune sportif en herbe soit prêt à pas mal de sacrifices lors de son adolescence, bien entendu... Car Alexia Turunen s'entraîne sept fois par semaine et Thibault Métraux huit.

«J'ai toujours aimé la vitesse, c'est ce qui me plaît, a souri la jeune fille aux origines finlandaises. La technique n'a aucun rapport avec le patinage artistique. Ca fait trois ans et demi que je fais du short track et, quand j'ai commencé, je ne me disais pas du tout que je pourrais être à ces JOJ. Là, des amies sont venues voir ma compétition samedi et elles vont peut-être venir s'y essayer, parce qu'elles ont trouvé ça bien. Les sensations dans ce sport sont assez spéciales!»

«C'est un sport particulier, a ajouté son compatriote à la croix blanche. Pendant la compétition, c'est pas mal du combat. On essaie de se faire sa place! Il y a aussi le feeling quand on est si près de la glace, dans les virages... C'est quelque chose que je ne connaissais pas dans le hockey. Ca ne vient pas tout de suite, il faut être un peu patient, on n'arrive pas tout de suite à poser la main à l'intérieur de la courbe. La sensation de vitesse aussi, avec les blocs qui défilent dans les tournants, c'est cool. Les meilleurs vont jusqu'à 45 km/h!»

Le plus simple, à cet âge-là, est de demander comment ces jeunes expliquent leur discipline à leurs camarades. Pour le Vaudois, c'est simple: «Short track, ils ne comprennent pas. Je leur dis alors patinage de vitesse et là ils voient à peu près que je tourne en rond, mais ils ne savent pas sur quelle distance, à quoi ressemble mon équipement, ce genre de choses... Je leur dis alors que c'est sur un anneau d'environ 111 mètres et pas 400 comme la piste longue. Les patins sont faits sur mesure, avec des lames de 40 centimètres ou plus. On est en combinaison, un peu comme les skieurs et voilà!»

Direction la Hongrie

Une émulation qui ne serait pas de trop pour leur permettre de progresser et de toucher au haut niveau. Les deux Suisses sont en effet obligés de sillonner l'Europe pour se mesurer à d'autres patineurs de leur âge. Thibault Métraux, par exemple, n'aura pas trop l'occasion de prendre le temps de digérer son expérience olympique. Il partira dès ce jeudi en direction de la Hongrie et les Championnats d'Europe élites, pour continuer de nourrir son rêve olympique. Mais chez les grands, la prochaine fois.

«Ces JOJ ont permis de faire voir ce sport aux jeunes qui sont venus. En plus, il y a eu des reportages sur nous, la patinoire de Malley 2.0 est pleine et ça fait plaisir, a souri le Vaudois. J'espère que ça va permettre de développer ce sport et amener de nouveaux participants dans notre club. Ce n'est pas simple d'en faire, mais en Suisse on est assez bien lotis, avec pas mal de structures qui prennent en charge des sportifs en leur permettant d'allier sport et études. Si un jeune qui a vu le short track de ces JOJ y a pris goût, il faut qu'il vienne! On sera là pour l'aider.»

Résultats/Classements

(nxp)