Parapente

14 octobre 2019 10:16; Act: 15.10.2019 09:09 Print

Elle devient la première à passer les 500km de vol

par Oliver Dufour - La Valaisanne Yael Margelisch a encore une fois réalisé le plus long vol en distance libre pour une femme, samedi au Brésil, trois jours après avoir été délestée de son premier record.

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Dans le ciel brésilien, Yael Margelisch a dû attendre le dernier jour de son séjour pour accomplir son rêve.

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Les émotions auront fait des montagnes russes durant le séjour brésilien de Yael Margelisch. La pilote de parapente de Verbier (28 ans) avait décidé de prolonger la durée de sa présence en Amérique du Sud, après y avoir disputé une épreuve de Coupe du monde, pour tenter de battre le record du monde féminin du plus long vol libre, en ligne droite. La Valaisanne était parvenue à ses fins il y a un peu plus d’une semaine, atteignant l’impressionnante distance de 448km. Une marque qui devait encore être homologuée par la Fédération aéronautique internationale (FAI).

Coup de théâtre quelques jours plus tard, cependant, puisque la Française Seiko Fukuoka Naville a amélioré le record d’une vingtaine de kilomètres, lors d’un vol réalisé un peu plus au nord du pays. «C’était un coup dur, explique la Valaisanne ainsi délestée de son record. Je me sentais un peu comme la «Poulidor du parapente», parce que je suis quand même souvent arrivée deuxième dans des compétitions ces derniers temps. Ensuite j’ai sans doute été un peu trop remontée et avec mes camarades de vol on s’est trop focalisés sur les chiffres. Mais pendant quatre jours on n’a rien pu faire d’autre que de décoller et de parcourir une quinzaine de kilomètres avant d’abandonner à cause des conditions insuffisantes. Frustrant.»

Battue mais pas abattue malgré cette déception, Yael Margelisch a ainsi vu ses chances d’aller encore plus loin s’amenuiser de jour en jour, au fur et à mesure qu’approchait le décollage de son avion pour rentrer en Suisse, dimanche.

Pas très loin du record masculin

Et puis, soudain, l’occasion s’est présentée samedi. Le vol de la dernière chance. Après avoir décollé une énième fois à Caico (nord-est du Brésil), tractée par un treuil mu par une voiture au sol, la pilote bagnarde a touché les vents tant attendus en compagnie de ses partenaires habituels, Clément Latour et Reynald Mumenthaler, ainsi que trois autres pilotes qui les ont rejoints dans les airs.

Après une aventure de 10h20’ dans le ciel, la jeune femme s’est posée au milieu de nulle part – «l’une des voitures venues nous récupérer s’est même perdue», se marre-t-elle» – en ayant parcouru 552km (le plus long vol avec trois points de contournement). Au passage, Margelisch a fixé à 532km le nouveau record du monde féminin de la plus grande distance libre. «J’espérais vraiment pouvoir atteindre un jour la barre mythique des 500km. Rêve accompli. En plus, par rapport à la première fois, je suis nettement plus contente de la manière dont j’ai volé. Il nous a peut-être juste manqué deux vents thermiques pour aller encore tutoyer le record du monde libre absolu (ndlr: passé cette semaine à 580km), mais ce n’est pas bien grave. Cette fois, j’espère que la marque tiendra un peu plus d’une semaine, même si on ne pourra pas m’enlever le fait d’avoir été la première femme à franchir la barre des 500!» Là encore, la FAI devra valider la performance.

A noter qu’un autre Suisse, Michael Küffer, a également battu la semaine dernière un record du monde. Il s’agit de celui de la plus longue distance en ligne droite vers un but déclaré. Le Zurichois de 30 ans a atteint 505km.


Les images de Margelisch lors de son premier record, la semaine dernière


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