Affaire Semenya

29 avril 2019 15:15; Act: 01.05.2019 10:16 Print

Les juges vont-ils tolérer les variations génétiques?

La Sud-Africaine veut faire annuler un règlement imposant aux femmes «hyperandrogènes» de faire baisser leur taux de testostérone. Le TAS rend sa décision mercredi.

Voir le diaporama en grand »
Les avocats de Caster Semenya ont plaidé pour la tolérance envers les athlètes présentant «des variations génétiques», ironisant sur le «règlement de l'IAAF (qui) ne permet à personne de courir». (Mardi 19 février 2019) Ce lundi matin à Lausanne a débuté au Tribunal arbitral du sport (TAS) l'audience de la double championne olympique du 800m, Caster Semenya. (18.02.2019) L'athlète sud-africaine conteste le nouveau règlement imposé à ces femmes «hyperandrogènes» qui impose de faire baisser avec des médicaments leur taux de testostérone pour participer aux épreuves internationales. Caster Semenya et son avocat, Norman Arendse (à g.). L'audience devrait durer cinq jours. Née en janvier 1991 en Afrique du Sud, Caster Semenya a pratiqué le football avant de se consacrer pleinement à l'athlétisme. À 18 ans, elle se fait remarquer au Championnats du monde d'athlétisme de Berlin en remportant le 800m femmes. Après sa victoire aux Championnats du monde, des questions ont été soulevées sur son sexe. La progression athlétique hors du commun et l'apparence de la Sud-Africaine ont amené la Fédération internationale d'athlétisme (IAAF) à lui demander de passer un test de vérification pour déterminer si elle était véritablement une femme. Les résultats des tests n'ont jamais été publiés officiellement. Cela n'a pas empêché l'athlète de remporter deux médailles olympiques en 800m (l'argent à Londres, en 2012 et l'or à Rio de Janeiro, en 2016). En janvier 2017, elle épouse Violet Ledile Raseboya, sa compagne depuis dix ans. En octobre 2017, la Women's Sports Foundation décerne le prix Wilma Rudolph à l'athlète sud-africaine, récompensant ainsi «son courage et sa persévérance face à l'adversité». Août 2018: Caster Semenya remporte le 800m au meeting de la Ligue de diamant, à Zurich. Septembre 2018: Caster Semenya remporte le 1000m femmes au meeting de Berlin.

Sur ce sujet
Une faute?

Le Tribunal arbitral du sport rendra mercredi sa décision dans l'affaire controversée de l'athlète sud-africaine Caster Semenya, qui veut faire invalider un règlement imposé aux athlètes féminines produisant naturellement beaucoup de testostérone, a annoncé lundi le TAS.

A l'issue d'une semaine d'audience en février, le TAS, juridiction suprême en matière sportive, avait d'abord annoncé qu'il rendrait sa décision fin mars avant de la repousser à la fin avril, les parties ayant soumis des documents complémentaires. Lundi, le tribunal, qui siège à Lausanne, a annoncé qu'il rendrait sa décision «mercredi à 12 heures, dans un communiqué».

L'athlète sud-africaine Caster Semenya à son arrivée au Tribunal arbitral du sport (TAS), le 18 février 2019 à Lausanne.

Le TAS avait examiné durant une semaine le recours de la championne sud-africaine contre le nouveau règlement de la Fédération internationale d'athlétisme (IAAF) qui impose aux femmes «hyperandrogènes» de faire baisser, avec des médicaments, leur taux de testostérone pour participer aux épreuves internationales du 400 m au mile (1609 m).

«Incontestablement une femme»

Triple championne du monde (2009, 2011, 2017) et double championne olympique du 800 m (2012, 2016), Caster Semenya assure être «incontestablement une femme» et dénonce des règles destinées, selon elle, à la «ralentir».

Les avocats de la championne sud-africaine ont plaidé pour la tolérance envers les athlètes présentant «des variations génétiques». Ils estiment que le nouveau règlement de la Fédération internationale d'athlétisme «tente de manière erronée et douloureuse de régir les caractéristiques sexuelles des athlètes femmes».

De son côté, l'IAAF argumente que si des athlètes avec des différences de développement sexuel (DSD) ont des niveaux de testostérone masculins, il est nécessaire de «préserver l'équité de la compétition féminine» et donc demander à ces athlètes de «réduire leur taux de testostérone avant une compétition internationale».

La Sud-Africaine n'est pas la seule athlète qui pourrait être affectée par ces nouvelles règles, suspendues en attendant la décision du TAS: les médaillées de bronze et d'argent sur 800 m aux JO de Rio en 2016, Francine Niyonsaba (Burundi) et Margaret Wambui (Kenya), ont également été confrontées à des questions sur leur taux de testostérone.

Résultats/Classements

(nxp/afp)