Athlétisme

25 janvier 2012 13:12; Act: 25.01.2012 16:00 Print

Pascal Mancini positif à la nandrolone

Le sprinter fribourgeois est la victime d'une erreur médicale confirmée par le médecin concerné, contre lequel il a ouvert une procédure judiciaire.

Le record national du relais suisse masculin établi, avec Mancini, en septembre 2011 au meeting de Zurich (38''62) a été invalidé. Le Fribourgeois avait consommé de la Ritalin sans être en possession d'une autorisation en bonne et due forme.
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«Le 30 septembre 2011, dans le cabinet médical du Dr Gontran Blanc (à Crissier), Pascal Mancini s'est vu injecter par erreur de la nandrolone à la place de cortisone», lors d'un traitement pour soulager des douleurs articulaires, annonce Swiss Athletics dans un communiqué. Le Dr Blanc aurait tout de suite informé Antidoping suisse de sa méprise.

Substance «lourde» dont la prise est susceptible d'entraîner jusqu'à deux ans de suspension, la nandrolone reste longtemps dans l'organisme et est facilement détectable. Mancini a été contrôlé positif à deux reprises hors compétition deux mois après l'infiltration, les 20 novembre et 8 décembre. Antidoping suisse a ouvert une procédure contre lui. En attendant son issue, l'athlète du Stade Genève, qui envisageait de disputer les Mondiaux indoor début mars à Istanbul, renonce à toute compétition en salle cet hiver.

Cette révélation survient après un premier coup de semonce il y a un mois. Mancini (22 ans) avait écopé d'un avertissement de la Fédération internationale (IAAF) pour avoir consommé de la Ritalin sans être en possession d'une autorisation en bonne et due forme. Utilisé pour traiter l'hyperactivité, ce médicament est surveillé. Dans la foulée, sans suspendre Mancini, l'IAAF a annulé le record national (38''62) du relais 4 x 100 m établi en septembre dernier à Zurich.

«Bénéfice du doute»

Malgré sa double infraction, Mancini garde pour l'instant le soutien de ses pairs et de la Fédération suisse, qui veulent croire en sa bonne foi. «En l'état actuel, nous sommes derrière lui. Ses explications sont apparemment crédibles, même s'il est difficile d'imaginer qu'un médecin puisse commettre une telle faute», a déclaré le chef de presse de Swiss-Athletics, Beat Freihofer. Le fait que le praticien ait alerté de son propre chef les instances antidopage, dès le lendemain de l'infiltration et bien avant les contrôles, parle en faveur de l'athlète.

En revanche, le fait que Mancini ait tu l'affaire lui est aujourd'hui reproché. «Je ne savais pas qu'il avait ces douleurs au genou et qu'il était allé chez le médecin. Et je n'ai été mis au courant qu'il y a une semaine», s'étonne, déçu, son entraîneur Laurent Meuwly. «Je lui laisse le bénéfice du doute», poursuit le coach fribourgeois. «J'ai assez d'éléments pour penser que Pascal n'a pas eu la volonté de tricher.»

Il reviendra à la commission de discipline de Swiss Olympic de se prononcer en première instance. L'athlète devra démontrer qu'il n'est pas responsable. Si la thèse de la l'accident est retenue, une issue clémente est envisageable. Dans le cas contraire, la sanction peut être lourde.

Contrôlée positive à la nandrolone en 1987, la coureuse bernoise de demi-fond Sandra Gasser avait écopé de deux ans de suspension. Laurent Meuwly veut croire que son protégé, après l'affaire du médicament Ritalin pour lequel son autorisation était incomplète, a été victime de la malchance une deuxième fois. «Mais la chance, ça se provoque», précise-t-il.

(ats)