Dopage dans le tennis

10 mars 2016 01:40; Act: 10.03.2016 09:59 Print

Sharapova est déterminée à rejouer

La championne russe a vu ses sponsors la lâcher depuis l'annonce de son contrôle positif.

Voir le diaporama en grand »
Maria Sharapova juste avant sa suspension, lors de l'Open d'Australie à Melbourne en janvier 2016. Le 10 octobre 2016, la Russe a fait son retour sur les courts malgré sa suspension, pour une exhibition à Las Vegas (Etats-Unis) en double mixte avec John McEnroe. (Mardi 11 octobre 2016). Lundi, lors d'une conférence de presse à Los Angeles, Maria Sharapova a révélé que la Fédération internationale de tennis (ITF) lui avait notifié le 2 mars un contrôle positif au meldonium effectué le 26 janvier à Melbourne, pendant l'Open d'Australie. Elle a été suspendue provisoirement. Finaliste surprise de Roland-Garros en 2005, l'Argentin Mariano Puerta avait été contrôlé positif à un anabolisant après son match perdu contre Rafael Nadal. Comme il en était à sa deuxième infraction, la sanction avait été particulièrement lourde: huit ans de suspension (ramenée plus tard à deux ans, ses fautes étant mises sur le compte de la négligence). Les deux dernières affaires importantes datent de 2013. Le Croate Marin Cilic, alors classé 24e mondial, avait été suspendu neuf mois pour avoir ingéré des stimulants «par inadvertance». Il avait en fait consommé des tablettes de glucose dont il ignorait le contenu exact. Le Serbe Viktor Troicki, vainqueur de la Coupe Davis en 2010, avait lui écopé de dix-huit mois pour avoir refusé de se soumettre à un prélèvement sanguin au tournoi de Monte-Carlo, il avait lui aussi bénéficié d'une réduction de la sanction à un an, le TAS jugeant que sa faute n'était «pas significative». Bien sûr, le phénomène ne touche pas que le haut du panier. Huit joueurs et joueuses toutes catégories confondues sont actuellement suspendus pour dopage, dont l'Américain Wayne Odesnik, interdit de jeu jusqu'en 2030 pour récidive. Il ne concerne pas non plus que les hommes. On peut citer le cas de la Bulgare Sesil Karatantcheva (photo), suspendue pour prise de stéroïdes en 2006, alors qu'elle n'avait que seize ans, ou en 2013 l'Espagnole Nuria Llagostera (d-methamphetamine). Peu d'affaires ont éclaté avant le XXIe siècle. On se souvient quand même du Tchèque Petr Korda, finaliste de Roland-Garros en 1992, tombé à cause d'un stéroïde en 1998, l'année de sa victoire à l'Open d'Australie. D'autres joueurs avaient été contrôlés positifs pour avoir pris de la cocaïne, produit à usage également récréatif, comme le Suédois Mats Wilander en 1996. Ce fut le cas plus tard de Martina Hingis en 2007. Traumatisée, cette dernière avait mis fin à sa carrière en simple.

Sur ce sujet
Une faute?

La Russe Maria Sharapova est déterminée à rejouer en compétition alors qu'elle pourrait écoper d'une lourde suspension pour son contrôle antidopage positif à un médicament controversé, le meldonium, a-t-elle insisté mercredi.

«Je suis déterminée à rejouer au tennis, j'espère que j'aurai la chance de pouvoir le faire», écrit la Russe. «J'aimerais ne pas avoir à vivre cela, mais c'est le cas et je vais y arriver», a-t-elle assuré dans un long message, son premier depuis qu'elle a annoncé lundi à Los Angeles son contrôle positif.

Maria Sharapova est suspendue à titre provisoire par la Fédération internationale de tennis après qu'un de ses échantillons prélevés durant l'Open d'Australie 2016 a révélé la présence de meldonium, un médicament qui vient d'être ajouté à la liste des produits interdits le 1er janvier 2016.

La Russe, qui n'est plus apparue sur le circuit depuis l'Open d'Australie à cause d'une blessure à un avant-bras, a plaidé la négligence. «J'ai reçu un mail de l'Agence mondiale antidopage fin décembre et je n'ai pas contrôlé la liste pour voir si ce médicament figurait maintenant sur la liste des produits prohibés», a-t-elle expliqué lors d'une conférence de presse à Los Angeles lundi.

Adversaires choquées

Dans la foulée, trois de ses partenaires, l'équipementier Nike, le constructeur automobile Porsche et l'horloger TAG Heuer ont suspendu ou mis fin à leur partenariat avec la sportive la mieux payée de la planète en 2015.

I woke up yesterday morning with an inbox, in full capacity of love and compassion. The first email I immediately...

Posté par Maria Sharapova sur mercredi 9 mars 2016

A Indian Wells où se joue l'un des plus importants tournois de l'année, les adversaires sur les courts de Sharapova sont encore sous le choc, à l'image d'Agnieszka Radwanska. «Personne ne s'attendait à cela, c'était un jour triste pour le tennis», explique la Polonaise. Petra Kvitova estime pour sa part que Sharapova avait commis une «énorme erreur». «Nous devons toutes connaître ce qu'on donne à notre corps» souligne la Tchèque.

«Je suis désolé pour elle, mais elle était négligente et elle doit en payer les conséquences, notre sport doit être propre», lâche enfin Rafael Nadal.

(nxp/afp)