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12 décembre 2019 10:18; Act: 12.12.2019 10:32 Print

Vaste enquête sur la pédophilie mis au jour

par Afp - Une enquête d'un collectif de journalistes français révèle les défaillances dans la poursuite des délinquants sexuels dans le sport.

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L'enquête parle d'au moins 276 victimes. (Photo: Keystone)

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Des «dysfonctionnements majeurs» dans 77 affaires et ayant fait au moins 276 victimes, sont mis au jour dans une enquête sur la pédophilie dans le sport en France de 1970 à aujourd'hui, publiée mercredi par un collectif de journalistes.

«Football, gymnastique, équitation, athlétisme mais aussi tir à l'arc, roller ou échecs... 28 disciplines sportives sont concernées. Ces drames ont fait au moins 276 victimes en milieu sportif, pour la plupart des enfants âgés de moins de 15 ans au moment des faits», expliquent les journalistes du collectif We Report.

L'enquête a été réalisée par Disclose, en partenariat avec plusieurs médias français - Mediapart, Rue89 (Bordeaux, Lyon, Strasbourg), L'Équipe, Le Télégramme, La Revue Dessinée, Envoyé Spécial, Brut et Binge.

Les auteurs dénoncent, dans les 77 affaires, de graves manquements à différents échelons - fédérations, clubs, collectivités locales, État, justice - et mettent en avant cinq types de défaillances, à commencer par le suivi judiciaire des délinquants sexuels.

«D'après nos données, près d'une affaire d'infractions sexuelles sur deux est un cas de récidive», expliquent-ils, précisant se baser sur la «définition courante et non judiciaire» de la récidive.

Ils pointent notamment le «vide juridique et administratif source de sérieux problèmes de récidive» entourant les 3,5 millions de bénévoles dans le sport amateur, pour lesquels la vérification du casier judiciaire ou l'examen du Fichier judiciaire automatisé des auteurs d'infractions sexuelles et violentes (Fijaisv) ne sont pas obligatoires.

Autre donnée inquiétante: dans 59 des 77 affaires, «l'agresseur a soit poursuivi son activité malgré une procédure judiciaire en cours, soit retrouvé un poste dans le milieu sportif après une condamnation pour une infraction à caractère sexuel».

L'absence de signalement aux autorités (18 affaires), le soutien à l'agresseur (18) souvent accompagné «d'un mépris pour la parole des victimes, voire de tentatives d'intimidation», ou encore la négligence de signaux forts (9) sont également mis en avant comme failles.

Enfin, Discolse souligne que la mobilité géographique des agresseurs d'une région ou d'un club à un autre, leur permet de passer sous le radar. Un phénomène qui concerne un quart des 77 cas.

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(nxp)