Cyclisme

22 janvier 2020 21:22; Act: 23.01.2020 13:20 Print

«Der Rudy» explique le dopage façon Telekom

par Sport-Center/rca - Rudy Pevenage, l'ancien directeur sportif de la puissante équipe cycliste allemande, a sorti un livre qui fait grand bruit.

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Pevenage et son protégé Ullrich. (Photo: Keystone)

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Ce n'est un secret pour personne, les années 1990 et 2000 ont fait la part belle au dopage, dans les pelotons cyclistes. Il a toutefois fallu attendre quelques années pour que les langues se délient. Les dopeurs d'autrefois se mettent à table chacun à leur tour et, cette fois, c'est Rudy Pevenage, l'ancien directeur sportif de Telekom, qui y est allé non pas d'un pavé dans la mare, mais sans doute davantage d'un rocher dans une flaque.

Pendant onze ans, entre 1995 et 2006, le Belge d'aujourd'hui 65 ans, a frayé avec tout ce qui se fait de plus sombre dans le milieu de la bicyclette. Les docteurs José Luis Merino et Eufemiano Fuentes sont forcément dans le lot. L'ancien directeur-sportif a avoué tout cela dans un livre sorti ce mercredi et il éclabousse le monde du vélo, mais aussi des footballeurs qui ont joué à Madrid, des athlètes et un grand joueur de tennis espagnol.

«Je n'ai plus peur des réactions ou des remarques. Je raconte beaucoup, beaucoup de choses dans cette biographie», a-t-il lâché, sur le site belge 7sur7.be, avant d'assumer ses tricheries: «À l'époque, il était très difficile de gagner quelque chose sans dopage.» Dans son ouvrage «Der Rudy», il explique comment tromper les contrôleurs et les forces de police, ainsi que les quelques fois où son poulain Jan Ullrich, vainqueur du Tour de France 1997, à simplement 23 ans, est passé entre les mailles des filets.

«Ali Baba»

Son soigneur de l'époque explique notamment comment son protégé a échappé de justesse à un scandale de dopage au Giro 2001 – c'est Marco Pantani qui avait été pris par la patrouille cette année-là –, qu'il utilisait des boîtes de Coca à double paroi pour réussir à trimbaler ses produits ou comment des berlingots de lait scellés avec du scotch permettait de se promener avec des poches de sang à transfuser aux coureurs de son équipe

«Avant le départ du Tour 2004 à Liège, j'ai réservé une chambre à Kelmis, a avoué Pevenage dans ce recueil. J'avais demandé un réfrigérateur supplémentaire et il a été placé dans ma chambre. Immédiatement ce jour-là, j'ai reçu la visite de l'ancien vététiste Alberto León, que nous avons appelé 'Ali Baba'. Le lendemain soir, les docteurs José Luis Merino et Eufemiano Fuentes nous ont rejoints. Une liste a été établie avec les coureurs qu''Ali Baba' a dû visiter en tant que transporteur. Il l'a fait sur mon VTT et les paquets étaient dans son sac à dos. 'Ali Baba' était un touriste à l'allure parfaite. Les poches de sang ont été soigneusement emballées dans des cartons de lait vides et scellées avec un code.»

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(nxp)