Tour de France

28 juillet 2014 13:44; Act: 28.07.2014 13:45 Print

«Je ne veux plus toucher un vélo jusqu’à Noël»

par Jean-Philippe Pressl-Wenger - Le vétéran allemand Jens Voigt, 42 ans, tire sa révérence après sa 17e participation à la Grande Boucle. Toujours avec le sourire, «The Jensie» part le cœur léger. Interview.

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Jens Voigt en a bel et bien terminé avec le Tour de France. Il n'y participera plus. (Photo: Keystone/Nicolas Bouvy)

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Au terme du contre-la-montre de 54 km entre Bergerac et Périgueux, Jens Voigt (Trek) était attendu par de nombreux journalistes. Il faut dire qu’après la parade sur les Champs-Elysées de dimanche, le charismatique Allemand a tiré sa révérence. Pour de bon, cette fois.

Jens Voigt, comment avez-vous vécu votre dernier Tour de France ?

Ce Tour était une fois de plus très dur, que ce soit le parcours, les chutes ou encore la pression. Mais bon, je suis content que ce soit fini. Mes prochains mois de juillet vont être très calmes (rires).

L’an dernier, vous aviez aussi dit que vous ne reviendriez plus, mais vous avez rempilé. On vous verra donc au départ à Utrchet en 2015 ?

Non, non, cette fois je ne reviendrai pas. Je ne peux pas. Même si je voulais continuer, ma famille et mes enfants en particulier vont me dire : «Eh Papa, arrête, arrête… Tu avais promis.»

Et sans le vélo, à quoi va ressembler votre vie ?

Je vais commencer par prendre de grandes vacances. Je ne vais pas toucher mon vélo au moins jusqu’à Noël et je refuserai de faire quoique ce soit comme sport qui fait mal au jambes. Je ferai un peu de tout. Un peu directeur sportif, un peu de travail pour Trek et Trek Travel, qui organise des sorties à vélo, et je dois aussi terminer l’écriture de mon livre. Et c’est en anglais. Plusieurs choses pour ma première année de retraite sportive. On verra ensuite comment ça se passe.

Ce Tour de France 2014 a révélé de jeunes coureurs. Cela vous réjouit-il ?

Oui tout à fait, je vois une très bonne génération qui arrive. Et il faut que ce soit comme ça, c’est dans la nature. J’ai 42 ans et ça commence à devenir difficile. Je sens que mon corps est moins fort. Mais je suis sûr que le cyclisme est aujourd’hui entre de bonnes mains. Et c’est un sentiment agréable que de savoir que celui qui prendra ma place sera un bon garçon.

Fabian Cancellara est votre coéquipier dans l’équipe Trek. Pensez-vous qu’il sera champion du monde cet automne ?

Je crois que nous aurons trois chances de gagner : le contre-la-montre individuel, celui par équipes et la course en ligne. Je croise les doigts pour Fabian Cancellara et l’encouragerai. Mais devant ma télévision, pas dans la course ! Il est en pleine forme, il est bien concentré sur son objectif, et il profite actuellement d’un peu de repos.