Cyclisme

10 avril 2019 16:56; Act: 10.04.2019 19:39 Print

«Les accusations à propos de moteur m'ont fait mal»

Interrogé par une TV belge, Fabian Cancellara est revenu sur les soupçons de tricherie dont il avait été victime après ses succès au Tour des Flandres et à Paris-Roubaix en 2010.

storybild

Le Bernois avait remporté son 2e Paris-Roubaix en 2010. (Photo: Keystone)

Sur ce sujet
Une faute?

En période de classiques printanières, Fabian Cancellara est forcément un homme demandé. Le Bernois, bien que retraité depuis 2016, s'est fait un nom notamment en brillant sur des courses comme Milan-San Remo, le Tour des Flandres ou Paris-Roubaix. C'est entre ces deux derniers monuments, que Cancellara avait remporté chacun à trois reprises, que le double champion olympique et quadruple champion du monde du contre-la-montre a été interrogé par la télévision belge Canvas. «Fäbu» est notamment revenu sur les soupçons qui avaient entaché sa double victoire Flandres et Roubaix en 2010. Ses attaques foudroyantes avaient fait croire à nombre d'observateurs qu'un moteur électrique se cachait dans le cadre de son vélo.

«D'une certaine façon, j'ai ressenti ça comme un compliment. Mais d'un autre côté, c'était une mauvaise sensation, a expliqué le Bernois, aujourd'hui âgé de 38 ans. Je n'ai rien à prouver à qui que ce soit. Pendant dix ans j'ai prouvé que je pouvais rouler à ce niveau et les résultats étaient pareils. Et ensuite des gens disent ci ou ça, il avait un vélo à moteur... Ce n'est pas agréable. D'abord ils vous élèvent, ensuite ils vous pointent du doigt. Bien sûr, ça m'a fait mal quand ils sont arrivés avec toute cette histoire de moteur. Je rigolais parce qu'ils disaient que mes jambes ressemblaient à des machines et c'est un compliment. Mais si on entre dans les détails, ce n'est pas beau.»

Des rumeurs ont commencé à surgir après des épisodes de course durant lesquels Cancellara avait procédé à plusieurs changements de vélo. Dans une vidéo tournée en 2010 et visible ci-dessous, l'ancien coureur français Jacky Durand avait analysé plusieurs images-clés en soulignant qu'elles pouvaient avoir plusieurs explications différentes.

«Les gens adorent vous voir échouer lorsque vous êtes au sommet»

«J'ai fait l'expérience de ces accusations dès 2008, après les Jeux olympiques, s'est souvenu Cancellara. Ils ont sorti toute l'histoire d'EPO CERA (ndlr: une version moins détectable du produit) avec Stefan Schumacher (ndlr: coureur allemand suspendu pour dopage). Carlos Sastre (ndlr: son coéquipier à l'époque) a remporté le Tour de France et ensuite j'ai remporté l'or aux JO. Les gens ont dit: "qu'est-ce qu'ils sont forts, peut-être bien qu'ils trichent". Mais en fin de compte il n'y avait rien. Nous avons tous été mis dans le même panier et c'est triste.»

Fabian Cancellara avait pris sa retraite au terme de la saison 2016, après avoir remporté une nouvelle fois la médaille d'or olympique sur le contre-la-montre à Rio. Il ne manquera pas de suivre l'édition 2019 de Paris-Roubaix, dont le départ sera donné dimanche.

Dans la même interview, le rouleur d'Ittigen a également évoqué ses relations avec les autres coureurs du peloton au cours de sa carrière. «Je n'avais pas tant d'amis que ça. Ceux que j'avais venaient pour la plupart de l'extérieur. Avec mon statut et mes victoires c'était compliqué. J'étais un adversaire pour beaucoup de gens. C'est peut-être pour ça qu'ils ne m'aimaient pas, mais je n'ai jamais eu de problèmes avec un autre coureur. J'étais par moments un mauvais garçon, oui, parce que je voulais gagner des courses. J'imagine que c'est normal qu'on dise que je n'étais pas aimé dans le peloton, mais je suis curieux de savoir pourquoi. Au fond, je suis profondément doux. Ce n'est facile pour personne au sommet. Vous croyez que c'est simple pour Trump ou Merkel ou Ronaldo? Si vous ne pouvez pas gérer le fait d'être au sommet, vous échouerez. Et beaucoup de gens adorent vous voir échouer.»

Cyclisme

(Sport-Center)