Tour de France

13 juillet 2013 12:52; Act: 13.07.2013 18:40 Print

Albasini battu pour une roue

par Robin Carrel - Michael Albasini est passé tout près de sa première victoire sur le Tour de France. A Lyon, le Thurgovien a été vaincu in extremis par le jeune Italien Matteo Trentin.

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Le Suisse (en bas) a démarré son sprint un peu trop tôt et s'est fait sauter sur la ligne par l'Italien Matteo Trentin. (Photo: Site letour.fr)

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Le Suisse d'Orica-Greenedge a connu déjà pas mal d'honneurs dans sa carrière (une étape du Tour d'Espagne, du Dauphiné, etc...). Mais une étape de la Grande Boucle, la centième qui plus est, aurait eu un tout autre poids sur son CV. Albasini a fait tout juste, dans le final tracé dans les rues de la capitale des Gaules. Il est allé chercher lui-même les fuyards un peu trop dangereux à son goût, car il se savait un des plus rapides du groupe au sprint. Il a malheureusement trouvé son maître dans la dernière ligne droite. Trentin l'a doublé quelques centimètres avant la ligne et a succédé à son compatriote Alessandro Petacchi, vainqueur à Reims en 2010 et dernier italien à s'être imposé sur la Grande Boucle depuis.

«Pour le moment, il y a encore pas mal de frustration, a avoué le puncher de 32 ans. Peut-être que ce soir (ndlr: samedi), après le diner, je commencerai à être fier de ce que j'ai réalisé aujourd'hui... Mais quand tu passes si près d'une victoire sur le Tour, tu peux avoir des regrets. J'ai peut-être fait mon effort un peu trop tôt. Sans ce vent de face, j'aurai sans doute gagné. Le final était assez compliqué pour moi car, contrairement à d'autres coureurs au sein de l'échappée, je n'avais pas de coéquipier à mes côtés.»

Trentin, habituel poisson pilote de Mark Cavendish au sein de l'équipe Omega Pharma-Quick Step, a apporté un troisième succès en deux semaines à sa formation. «J'étais dans les roues et j'ai attendu le moment juste. A 200 mètres de l'arrivée, j'ai tout donné et voilà!, a jubilé le coureur de 23 ans. J'ai eu de la chance de passer Albasini, mais il en faut pour gagner. C'est magique. Il s'agit de ma première victoire professionnelle et c'est sur le Tour de France. Pas mal, pour un début.»

Les Français, eux, sont toujours bredouilles sur cette 100e Grand Boucle. Ils y ont longtemps cru, notamment lorsque Julien Simon s'est extirpé des échappés dans les vingt derniers kilomètres. Le Breton était dépité à sa descente de vélo. «C'est normal que je sois déçu. Je ne voulais pas attendre le sprint, car c'était trop aléatoire, a analysé le coureur de Saur-Sojasun. J'ai tenté et je croyais encore que je pouvais gagner quand Albasini m'a rattrapé sous la flamme rouge. Mais lorsque tout le reste de la troupe est arrivé après... C'est comme ça.»

Les favoris sont, une fois n'est pas coutume, restés bien «au chaud» samedi, malgré les trois côtes proposées dans les trente derniers kilomètres. Il faut dire que beaucoup d'entre eux ont peur de l'étape de dimanche. Les affaires sérieuses vont alors vraiment commencer, avec la bagatelle de 242 bornes et un final terrible: les 21 kilomètres pour grimper le Mont Ventoux. «Ce sera brutal», a prévenu le maillot jaune Chris Froome. Dimanche 14 juillet, il faudra un Français sacrément inspiré pour s'imposer au sommet du Géant de Provence et célébrer dignement la fête nationale.

(afp)