Tour de France

19 juillet 2014 18:12; Act: 19.07.2014 18:13 Print

Bernard Hinault : «Nibali ne panique jamais»

par Jean-Philippe Pressl-Wenger, Grenoble - Vainqueur de 5 Tours de France, le Blaireau avait vu juste concernant le maillot jaune italien, au départ de la 14e étape remportée par le Polonais Majka à Risoul.

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Même lorsque les Français de l'équipe AG2R ont attaqué dans la descente du Col d'Izoard, mais Nibali est resté serein. (Photo: Keystone/AP)

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Le Blaireau avait raison. Au moment d’évoquer la démonstration de Vincenzo Nibali lors de l’arrivée à Chamrousse vendredi, Bernard Hinault n’a pas hésité. «Nibali a bien préparé son Tour de France, il a fait tout ce qu’il fallait et on voit le résultat, c’est lui le meilleur, a analysé le Breton de 59 ans. Et lorsque le Sicilien se retrouve sans équipier dans certaines portions des ascensions alpines, Hinault y voit l’expression des qualités du leader de l’équipe Astana. «Qui est tout seul en haut ? Et tout devant ? Nibali ! Ben voilà, s’est réjoui le Français. Un champion comme lui n’a pas besoin d’équipiers dans cette situation s’il court avec sa tête. Nibali est malin, il ne met pas ses hommes à la galère. Les autres équipes font la courses pour lui. C’est là qu’on voit que tactiquement il a tout compris.»

Maillot jaune acquis sauf défaillance

Pour Bernard Hinault, le Tour de France est joué. Le maillot jaune ne sera plus inquiété. A moins d’une défaillance personnelle. «Mais ce que je vois, c’est que Nibali ne panique jamais, il est calme, il laisse faire. Et ça semble être la recette qui marche.»

En raison des nombreux abandons de favoris, même le contre-la-montre de Périgueux perd de sa substance. Personne ne semble avoir les épaules pour contester la suprématie du «Requin de Messine.» «Je pense qu’il ne peut perdre qu’en cas d’une défaillance personnelle, a renchérit Hinault. Il a trop d’avance sur les autres. Surtout qu’il ne reste plus de véritables spécialistes du contre-la-montre en lice. Ceux qui restent sont à deux heures au général.»

Nibali n’a connu qu’un seul jour sans dans les grosses compétitions par étapes qu’il a disputé dans sa carrière. «Une fois, j’ai craqué dans la Vuelta, mais sinon ça ne m’est jamais arrivé dans le Giro ou sur le Tour», a rappelé le Sicilien. Pas vraiment de quoi encourager les éventuels coureurs qui pensent encore pouvoir lui voler sa première victoire sur la Grande Boucle.