Cyclisme: Milan-Sanremo

19 mars 2011 16:51; Act: 19.03.2011 18:32 Print

Cancellara battu par Matthew Goss

Matthew Goss a coiffé sur le fil tous les favoris. L'Australien de HTC-Highroad a devancé in extremis Fabian Cancellara et Philippe Gilbert (Be) au sein d'un groupe d'échappés.

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Pour la première fois depuis plus d'un siècle, un non-Européen, l'Australien Matthew Goss (HTC-Columbia), a remporté Milan - Sanremo, la grande classique d'ouverture de la saison. Pour gagner la 102e édition de la «classicissima», Goss a devancé au sprint les deux références actuelles dans les courses d'un jour, Fabian Cancellara et le Belge Philippe Gilbert.

«Au sprint, Goss était imbattable», a reconnu le Bernois, vainqueur à Sanremo en 2008 mais trop marqué cette fois pour pouvoir se dégager du groupe d'une dizaine de coureurs qui s'est disputé la victoire dans les rues enfiévrées de la «cité des fleurs». «J'étais venu ici pour gagner. Je voulais essayer de finir seul, mais j'étais suivi de trop près», a-t-il regretté.

Le champion olympique du contre-la-montre était en revanche surpris de sa dernière ligne droite. «J'ai fait l'un des meilleurs sprint de ma vie. Ce qui m'a manqué ? Les jambes et non pas le fait de ne pas avoir le moteur dans le vélo», a ironisé le coureur de Leopard-Trek. «Maintenant, je vais fêter mon anniversaire avec ma famille (réd: il a eu 30 ans samedi 18 mars) et puis la semaine prochaine place à la Belgique. Je reviendrai ici l'année prochaine pour essayer de gagner à nouveau.»

Gilbert, pareillement, n'a lui non plus pas pu s'échapper dans le final, pas plus que l'Italien Vincenzo Nibali, intenable déjà dans le Poggio, la dernière difficulté du parcours de 298 kilomètres reliant la Lombardie à la Ligurie. Sur les pentes de la colline sacrée du cyclisme, l'attaque du Sicilien a provoqué la perte du Belge de BMC Greg Van Avermaet qui avait distancé ses trois compagnons d'échappée, les Français Yoann Offredo et Steve Chainel, l'Australien Stuart O'Grady. Mais, au sommet, distant de 6,2 kilomètres de l'arrivée, Van Avermaet a basculé avec 9'' d'avance seulement sur Nibali et les premiers poursuivants, un écart gommé dans la descente malgré une chute dans le groupe de chasse (Marcato).

De retour sur le plat, les accélérations se sont succédé, sans réussite. Offredo, qui avait enflammé la course en attaquant après la Cipressa, à une vingtaine de kilomètres de l'arrivée, s'est de nouveau risqué crânement, dans le droit fil de sa performance de l'an passé et de sa 4e place, en février, au Circuit Het Nieuwsblad en Belgique. Le jeune Français (24 ans), coureur de tempérament tout comme Chainel, son coéquipier de la FDJ, a abordé en tête le dernier virage. Avant que le sprint soit lancé par l'Italien Michele Scarponi, auteur d'un impressionnant numéro dans la Cipressa pour combler un «trou» d'une minute entre les deux premiers pelotons, l'un des moments forts de la course.

En cette journée changeante, plusieurs chutes survenues à une centaine de kilomètres de l'arrivée, aux alentours de la côte de la Manie, ont éliminé nombre de favoris, principalement des sprinters. Le champion du monde norvégien Thor Hushovd, pris dans un empilement d'une vingtaine de coureurs, n'a jamais pu revenir ensuite sur la tête de la course, tout comme le Britannique Mark Cavendish. Quant au vainqueur sortant, l'Espagnol Oscar Freire, il a chuté quelques instants plus tard, dans la descente de la Manie, alors que la pluie faisait une brève apparition.

Sur le Lungomare Italo Calvino, Goss, seul routier-sprinter répertorié dans le groupe de tête après l'ascension du Poggio, a su conclure sans état d'âme. A 24 ans, le jeune Australien, révélé par la piste (champion du monde de poursuite par équipes en 2006), s'est adjugé nettement sa première grande classique même si son palmarès comporte déjà quelques lignes prometteuses, entre autres Paris-Bruxelles 2009, une étape du Giro et le GP Ouest-France 2010.

Devenu l'an passé le coéquipier de Cavendish dans la formation HTC, Goss a montré qu'il pouvait réclamer un statut de leader à part entière. Avec lui, c'est le cyclisme australien qui continue à afficher une santé triomphante, dix-huit mois après le premier titre mondial de l'un des siens (Cadel Evans).

(ats/afp)