Cyclisme

05 janvier 2020 09:34; Act: 05.01.2020 21:57 Print

Chris Froome: le début de la fin?

par Robin Carrel - Hors de forme après sa grave blessure du printemps dernier, le quadruple vainqueur britannique du Tour de France a dû quitter le camp d'entraînement de l'équipe Ineos en Espagne en décembre dernier.

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L'Anglais est devant le «plus grand défi de sa carrière». (Photo: Keystone)

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La formation britannique est passée par la Péninsule ibérique en fin d'année dernière, où elle a commencé à préparer une saison 2020 qui s'annonce pleine. Les Classiques, le Giro, mais surtout le Tour de France, les Jeux olympiques et les Mondiaux de Martigny le nombre d'objectifs de ses coureurs est élevé et ils sont légion, les coureurs de Dave Brailsford, à avoir des envies de maillots rose, jaune ou irisé. Chris Froome, lui, n'a pas, n'a plus, tout à fait ce genre d'aspirations. Le vainqueur de la Grande Boucle en 2013, 2015, 2016 et 2017 doit déjà redevenir un athlète et rien n'est simple, après sa terrible chute du 12 juin dernier.

Lors de la reconnaissance de la 4e étape du Critérium du Dauphiné, à Roanne, le «Kényan blanc» avait frappé un muret à près de 50 km/h. Une chute qui a potentiellement eu raison de son rêve de rejoindre Jacques Anquetil, Eddy Merckx, Bernard Hinault et Miguel Indurain au panthéon du Tour, avec cinq succès au palmarès. Car le Britannique d'aujourd'hui 34 ans s'y était fracturé une hanche, un fémur, un coude et des vertèbres. Depuis, le nouveau fan de l'OGC Nice (on se réjouit de le voir aussi à la Tuilière de Lausanne...) peine à se relancer et même les plus optimistes ne le voient plus, un jour, monter sur la plus haute marche du podium à Paris.

L'automne dernier, celui qui avait été en partie formé au Centre mondial du cyclisme à Aigle avait tenté de remonter sur sa machine en compétition, juste avant la fin de saison. Il devait participer au Critérium de Saitama au Japon et y prouver qu'il allait pouvoir le faire. Mais «Froomey» était bien trop gourmand avec son corps, car il n'arrivait alors pas vraiment à enfourcher sa bicyclette tellement la douleur était forte. Il avait également voulu aller reconnaître le parcours des JO de Tokyo, mais avait été déposé par ses coéquipiers après simplement quelques kilomètres.

Rien ne s'est arrangé en décembre, lors de la traditionnelle reprise des entraînements. Alors que les autres leaders de son équipe et accessoirement vainqueurs des deux derniers Tours de France, Geraint Thomas et Egan Bernal, se sont enfilés des sorties de plus de huit heures à 36 km/h de moyenne, Chris Froome, lui, a été contraint de «mettre la flèche» après simplement deux jours de travail.

L'information n'a filtré que ce week-end, dans les colonnes du magazine italien Bicisport, qui a repris les propos de Dario Cioni, l'un des directeurs-sportifs de la gloutonne équipe anglaise, le décrivant comme «lent» «Après deux joueurs d'entraînement en Espagne, Froome, qui espère toujours gagner un cinquième maillot jaune, est retourné à la maison. Il n'était pas bien et qui sait s'il va récupérer un jour», a lancé l'ancien coureur de la Mapei. Guère encourageant.

Du coup, Bernal, plus jeune vainqueur du Tour de France de l'après-guerre en juillet dernier, a vu ses objectifs 2020 être changés. Au départ, le Colombien de 22 ans devait se concentrer sur le Tour d'Italie, avant d'aller épauler Froome sur les routes de l'Hexagone. Mais sa direction sportive a fait évoluer le cap et le coureur de Bogota sera bien la tête d'affiche de la formation Ineos pour tenter de conserver un titre qui n'a plus échappé à son équipe depuis 2014 et qui a remporté sept des huit dernières éditions.

Ce sont sans doute la recrue équatorienne Richard Carapaz et le Gallois Geraint Thomas qui seront ainsi désignés pour aller batailler sur les routes italiennes, dès le 9 mai, après le départ donné à Budapest. Froome, qui assurait quelques semaines après son opération qu'il allait faire face «au plus gros défi de sa carrière» pour retrouver le plus haut niveau, ne pensait sans doute pas aussi bien dire. Il ne sait pas encore quand il reviendra à la compétition, ni ce qu'il pourra essayer de gagner. S'il revient.

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(nxp)