Cyclisme - dopage

15 février 2011 11:28; Act: 15.02.2011 18:22 Print

Contador définitivement blanchi

Alberto Contador n'a finalement pas été sanctionné par la Fédération espagnole pour son contrôle positif au clenbutérol lors du Tour de France 2010.

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«La voie est libre pour Contador», comme l'écrit «El Mundo». (Photo: Keystone)

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«Nous pouvons simplement confirmer le classement» de l'affaire, Contador «peut courir à partir de maintenant, justice a été faite», a déclaré Me Andy Ramos à la sortie du siège de la Fédération à Madrid. Le coureur participera dès mercredi au Tour de l'Algarve, au Portugal.

La Fédération, qui avait proposé le 26 janvier une suspension d'un an, s'est donc finalement rangée à la ligne de défense du champion cycliste, contrôlé positif l'été dernier durant le Tour de France et qui depuis se dit innocent. Alberto Contador (28 ans) avait subi le 21 juillet 2010 à Pau un contrôle antidopage positif qui a révélé des traces infimes de clenbutérol.

Le triple vainqueur du Tour de France (2007, 2009 et 2010) a toujours clamé son innocence, assurant avoir été victime d'une contamination alimentaire après avoir consommé de la viande.

Recours au TAS

Cette décision est susceptible d'appel de la part de l'Union cycliste internationale (UCI) et de l'Agence mondiale antidopage (AMA), qui ont un mois pour déposer un recours devant le Tribunal arbitral du sport (TAS), dont le siège se trouve à Lausanne.

Ce revirement de la RFEC s'apparente à un camouflet, dans un nouvel épisode des relations tendues entre les instances antidopage et les autorités espagnoles. Le cas le plus connu jusqu'à présent était celui d'Alejandro Valverde: l'UCI et l'AMA ont obtenu en mai dernier devant le TAS la suspension de ce dernier pour deux ans (à partir du 1er janvier 2010) pour dopage dans le cadre de l'affaire Puerto, après que la justice espagnole et la RFEC eurent refusé d'ouvrir une procédure contre le coureur.

Importants soutiens

Contador est l'un des sportifs les populaires dans son pays et à l'étranger. Il a reçu ces derniers jours des soutiens inattendus du monde politique et même de la justice espagnole, dans un pays coutumier des victoires sportives mais qui peine à prendre à bras-le-corps la lutte antidopage.

«Il n'y a aucune raison juridique pour sanctionner Contador», avait commenté le 10 février le chef du gouvernement, Jose Luis Rodriguez Zapatero, sur son compte Twitter. Et le président de l'Audience nationale, la plus haute instance pénale du pays, Angel Juanes, avait lui aussi volé dimanche au secours du champion, affirmant qu'il ne «s'est pas dopé» et «devrait être blanchi».

L'Espagne, éclaboussée ces dernières années par des scandales de dopage dans l'athlétisme et le cyclisme, s'est souvent défendue en rappelant qu'elle avait adopté en 2006 une loi sur la lutte antidopage. «Je crois qu'il n'existe pas de problème de dopage spécifique» en Espagne, relevait à ce propos le docteur Inaki Arratibel, spécialiste de médecine sportive qui évoquait en revanche un déficit «d'éducation».

«Peut-être que par rapport à ce qui a été fait dans d'autres pays européens pour éradiquer le dopage, la mentalité a un peu de retard. Peut-être faudrait-il un niveau d'éducation et une prise de conscience du sportif un peu plus importants», expliquait-il.

Au départ du Tour

Une sanction aurait fait perdre à Contador le bénéfice de sa victoire dans le Tour de France en 2010 et l'aurait obligé à faire une croix sur la saison 2011.

Cette année, le départ de la Grande Boucle est prévu le 2 juillet. Seule une suspension par le TAS pourrait barrer la route du Tour de France à Contador. En effet, s'il n'est pas interdit de course par le TAS, Amaury Sport Organisation (ASO), la société organisatrice du Tour de France, aurait les pires difficultés à justifier légalement un - hypothétique - refus d'accepter l'Espagnol dans sa course.

(ats)