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17 mai 2019 06:29; Act: 17.05.2019 06:29 Print

Ils ont déjà à l'esprit la fournaise de Tokyo

par Oliver Dufour, Leuzigen - Comme voici quatre ans à Rio, Nino Schurter et Jolanda Neff seront les fers de lance des vététistes suisses aux prochains Jeux olympiques, dont la préparation est lancée.

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Ce week-end démarre à Albstadt (All) le circuit de la Coupe du monde de VTT cross. Un objectif d'importance pour l'équipe de Suisse, emmenée par les stars Nino Schurter (33 ans) et Jolanda Neff (26 ans), mais également les membres - actuels ou futurs - de l'élite mondiale que sont Mathias Flückiger, Lars Forster ou Andri Frischknect chez les messieurs, ainsi que Linda Indergand, Sina Frei ou Alessandra Keller chez les dames.

«La Coupe du monde sera mon principal centre d’intérêt cette saison, affirme Schurter, qui vient de remporter le week-end dernier à Soleure la Swiss Cup, devant Flückiger et Forster. J’aimerais bien un jour battre le record de Julien Absalon, si possible cette année, en remportant quelques courses», sourit le triple médaillé olympique à propos des 33 victoires amassées par le Français, parti à la retraite il y a un an, sur le circuit de la Coupe du monde. Pour le Grison, le compteur avait grimpé jusqu’à 30 succès la saison dernière. La concurrence sera toutefois rude avec la présence de ses talentueux compatriotes, mais également du prodige néerlandais de 24 ans Mathieu van der Poel, champion du monde de cyclocross et récent vainqueur sur route de trois classiques flandriennes, dont l’Amstel Gold Race.

«J'ai toujours faim pour les grands rendez-vous»

Outre la Coupe du monde, Schurter aura également dans le viseur une 3e médaille d’or consécutive – la 8e au total – aux championnats du monde du Mont-Saint-Anne (Can) en septembre. Et bien qu'il reste plus d'un an avant le grand rendez-vous olympique de Tokyo, les Jeux trottent déjà dans la tête. «Ce seraient mes quatrièmes JO et mon objectif serait d'y décrocher une quatrième médaille (ndlr: il en détient une de chaque couleur). Pour les plus petites courses dans le mauvais temps, je ne suis plus aussi motivé que les jeunes qui montent, mais pour ce genre de grand rendez-vous, j'ai toujours faim et je m'en réjouis. Mais il faudra d'abord se qualifier.»

Et pour ça, des bons résultats de Coupe du monde seront essentiels. Y compris collectivement. Puisque si la Suisse se classe parmi les deux meilleures nations au terme du processus de sélection, elle pourra aligner trois coureurs sur le tracé olympique, ce que Swiss Cycling espère pouvoir faire tant chez les dames que chez les messieurs. «Je pense déjà souvent aux Jeux olympiques, se marre quant à elle Jolanda Neff. Pour moi un an ce n'est pas long et c'est bon de déjà s'exciter pour ça maintenant. A Rio, pour mes premiers Jeux, ce n'était pas facile parce que tout le monde m'avait déjà collé l'étiquette de favorite. Mais j'ai appris de ça et je sais ce qu'il me faut pour réussir une performance dans ce genre de grand événement.»

Une épreuve test en octobre dans un climat différent

Cette fois, la Saint-Galloise ne s'alignera toutefois pas dans l'épreuve de cyclisme sur route, comme elle l'avait fait au Brésil voici trois ans. «C'était très cool de faire les deux à Rio et de me classer dans le top 10 les deux fois. Je le referais bien. Mais les deux courses sont trop proches l'une de l'autre à Tokyo et ça ne sera pas possible, donc je vais me concentrer sur le VTT. Je viens d'intégrer l'équipe Trek, donc je vais découvrir un nouveau groupe, un nouveau vélo. Plein de choses à découvrir pour la saison. Et à la fin il y aura les championnats du monde à Mont-Saint-Anne, qui est ma course préférée de toutes.»

Pour Tokyo, les athlètes se préparent déjà à subir la canicule estivale. Des chaleurs et de l'humidité extrêmes sont déjà anticipées. L'épreuve test qui sera tenue cette année sur le site olympique se déroulera toutefois en octobre, par un climat bien différent. «C'est pareil pour tout le monde, relativise Neff, battue le week-end dernier dans la Swiss Cup par l'Américaine Kate Courtney. En ce qui me concerne, je me sens bien dans des conditions extrêmes, même si c'est plutôt la boue et la pluie. Mais quand j'avais gagné mon titre de championne du monde en 2017 à Cairns, il faisait aussi très chaud et humide en Australie, donc je peux gagner dans ces conditions aussi.» Pareil pour Nino Schurter. «Ça sera difficile, mais par le passé j'ai connu du succès dans ce genre de conditions. C'est peut-être un petit avantage que j'ai déjà sur les autres», anticipe le vététiste grison.


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