Tour de France

24 juillet 2014 14:36; Act: 24.07.2014 22:32 Print

La Marche de l'Empereur

par Jean-Philippe Pressl-Wenger, Hautacam - A Hautacam, Vincenzo Nibali a gagné une 4e fois sur ce Tour, en réalisant une nouvelle démonstration de force.

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Vincenzo Nibali célèbre sa victoire, jeudi, au Tour de France. (Photo: Reuters/Jean-paul Pelissier)

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L'Italien empile les victoires dans ce Tour de France, comme il a empilé les surnoms depuis ses débuts. Il y a d'abord eu «la Puce des Pyrénées» lorsqu'il était amateur. «C'est un ami de mon père qui l'avait trouvé, car je passais souvent mes adversaires en montagne», a souri le maillot jaune après avoir dépoussiéré le sobriquet dans l'ascension finale, jeudi. «Mais ça n'a pas duré, car «le Requin de Messine» est vite arrivé.» Cette définition s'emploie pour rappeler tant ses origines siciliennes que sa capacité à ne rien lâcher quand il s'est fixé un objectif. Des dérivés ont vu le jour cet été, pour éviter les répétitions: il est devenu «le Squale» ou «le Requin du Détroit».

La presse italienne l'a tour à tour appelé «le Cardinal», «Don Vincenzo» ou encore «Il Padrone». Quand on lui demande si ce rôle de patron du Tour ne le rapproche pas de l'Américain Lance Armstrong, boss du peloton dans un autre temps, Vincenzo Nibali a répondu calmement. «Non, je ne pense pas que cette comparaison ait lieu d'être, a avancé le leader de l'équipe Astana. Tout était différent. Personnellement, je me suis toujours po­sitionné clairement dans la lutte antidopage. Laissons le passé derrière nous.»

Appelez-le comme vous voulez. Ce qu'il veut, c'est gagner son premier Tour de France. Après ses succès dans la Vuelta et dans le Giro, le champion d'Italie s'était mis en tête de devenir le 6e cycliste à remporter les trois Tours majeurs, après Anquetil, Gimondi, Merckx, Hinault et Contador. «Je ne vise que ça depuis le début de ma préparation», a rappelé Nibali. Il est venu, il a vu et il a vaincu. Cela vaut bien un surnom, non?


Deux Français sur le podium

Derrière l'intouchable Vincenzo Nibali, tout est très serré au classement ­général. Thibaut Pinot (2e à 7'10'') et Jean-Christophe Péraud (3e à 7'23'') complètent le trio de tête. «Je suis satisfait, mais je sais aussi que le chrono peut tout changer», a analysé Pinot, réaliste. L'étape de vendredi devrait revenir aux sprinters, à moins qu'un baroudeur obtienne un bon de sortie. Ce sera donc le contre-la-montre de samedi (54 km) qui distribuera les places définitives sur le podium de Paris. L'Espagnol Alejandro Valverde, 4e à deux secondes de Péraud, devrait faire mieux que les deux Français. Toutefois, le champion d'Espagne du chrono ne s'est pas montré sous son meilleur jour dans la montagne. Pour l'Américain Tejay van Garderen, par contre, le train est malheureusement passé. Il compte plus de 4 minutes de retard sur Pinot et Péraud.


Twitter -> @JPPresslWenger